Lecture de Chère Ijeawele, de Chimamanda Ngozi Adichie

Couverture du livre Chère IjeaweleJ’avais renoncé à lire ce livre (au regard des 140 autres essais qui m’attendent), jusqu’à ce que je le vois dans le catalogue de ma bibliothèque et j’ai craqué. Le livre se présente comme une longue lettre en réponse à la question d’une amie de l’autrice : comment donner une éducation féministe à sa fille ?

La réponse de l’autrice explique d’emblée que selon elle, on ne peut pas écrire de « manuel féministe » qui serait applicable dans toutes les situations. Il s’agit au contraire de prendre en compte le contexte et d’écouter son instinct. Elle propose ensuite 15 suggestions qui structurent l’ouvrage et qui sont autant de conseils et recommandations concrètes pour offrir une éducation féministe à son enfant. En prenant toujours soin de mobiliser des exemples concrets pour illustrer ses propos, l’autrice accorde une importance particulière aux mots dans l’éducation, que ce soit donner les mots exacts à l’enfant ou l’adolescente pour penser certaines réalités (comme l’anatomie) ou être vigilante sur les connotations des mots qu’on emploie (par exemple, éviter d’appeler sa fille « princesse », car ce terme charrie un imaginaire sexiste). Il s’agit également d’être attentive aux justifications apportées à certaines décisions ou demandes, que ce soit des justifications liées au genre directement (« parce que tu es une fille ») ou indirectement (« ça ne va pas plaire aux gens que tu fasses ceci »). Plus largement, l’autrice préconise d’ouvrir au maximum les possibles pour sa fille, que ce soit en lui donnant le goût des livres, en lui montrant des héros noirs, en la mettant en présence « d’oncles » et de « tantes » issus de différents horizons et qui puissent lui proposer des modèles alternatifs. Il s’agit de ne pas subir la norme ou la tradition, mais de se positionner par rapport à elle, par exemple en sélectionnant les aspects de la tradition que la mère juge compatible avec ses propres valeurs afin de les présente à sa fille, et d’ignorer les autres.

Ce livre est à mettre entre toutes les mains, parce qu’il permet de donner des outils accessibles pour penser ses propres pratiques à la lumière du féminisme (qu’on ait un enfant ou non) dans un langage clair et vivant, même s’il ne sera probablement pas une révélation pour les personnes déjà sensibilisées à ces thématiques.

Pour aller plus loin
« Chère Ijeawele » : pourquoi faut-il (re)lire le manifeste féministe de Chimamanda Ngozi Adichie en 2018
Apprendre à éduquer
Héroïne d’ici
Les missives
Chère Ijeawele : le féminisme de Chimamanda Adichie

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