Enquête sur le congé parental et la paternité

Bien que les pères affirment une plus grande implication affective auprès de leurs enfants (sur le modèle du « nouveau père »), on constate encore aujourd’hui un décalage entre la quantité de travail parental pris en charge par les mères et les pères (les premières en faisant beaucoup plus). Les pères feraient preuve d’une « paternité conditionnelle », c’est-à-dire qu’ils ajustent leur investissement parental en fonction de leur disponibilité (liée notamment à leur activité professionnelle) plutôt que de la masse de travail à accomplir à la maison. Cette « paternité conditionnelle » fait écho à la prise en charge de l’articulation travail-famille par les mères, largement étudiée. Cependant, peu d’enquêtes se sont intéressées à l’articulation du point de vue des pères.

Dans le cadre de ma recherche doctorale en sociologie, j’ai décidé d’étudier la minorité de pères qui prend un congé parental en France, pour comprendre ce que le congé parental avait changé dans leur vie professionnelle et familiale. Pour ce faire, j’ai interrogé un certain nombre de parents, dans une perspective comparative :

  • 37 pères en congé parental d’éducation et/ou bénéficiaires du Complément de libre choix d’activité (CLCA) ou de la Prestation partagée d’accueil du jeune enfant (PréPare) (désignés comme « en congé parental« ) à temps plein en couple hétérosexuel
  • 1 père en congé parental à temps plein en couple homosexuel
  • 4 pères en congé parental à temps partiel en couple hétérosexuel
  • 11 conjointes de pères en congé parental (dont quatre qui ont elles-mêmes pris un congé parental)
  • 21 mères en congé parental en couple hétérosexuel (dont une en congé à temps partiel)
  • 34 pères en couple hétérosexuel, ayant au moins un enfant de moins de trois ans qui n’était pas gardé par son père
  • 8 pères en couple hétérosexuel, ayant au moins un enfant de moins de trois ans qui était gardé par son père (mais pas dans le cadre d’un congé parental)

Dans 15 couples, les deux conjoints ont été interrogés.

Ils ont été contactés avec l’aide de la CAF de Paris (pour les pères en congé parental), de modes d’accueil des jeunes enfants (lieux d’accueil parents-enfants, crèches, halte-garderie…) situés en France métropolitaine, de « cafés des parents » et par interconnaissance.

J’ai aussi exploité une enquête de l’UNAF menée auprès de 10 000 pères sur leurs pratiques et leurs représentations en matière de paternité.

Résumé de ma thèse, publié chez Encyclo.

Si vous avez des questions sur les pères en congé parental ou la paternité en général, n’hésitez pas à les poser en commentaire.

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