La tentation de la fée du logis : une contrainte pour les mères en congé parental plus que pour les pères ?

Une chose qui m’a frappée en comparant les entretiens des pères et des mères en congé parental, c’est la différence dans l’appréhension du temps quotidien du parent en fonction de son sexe. Les pères en congé parental se décrivent comme bien occupés ; tandis que les mères en congé parental se décrivent comme débordées. On aurait pu s’attendre à ce que ce soit l’inverse : dans la mesure où les femmes sont généralement responsables de la conciliation travail-famille, elles auraient pu être davantage préparées à la gestion domestique du foyer dans le cadre de leur congé parental. De même, le congé parental aurait pu être enfin l’occasion pour elles de se détendre, dans la mesure où elles n’ont plus à faire une « double journée » de travail, dans leur activité professionnelle et à la maison. Or, c’est plutôt le phénomène inverse : certaines mères m’expliquent que parfois, elles n’ont pas le temps de se doucher ou même d’aller aux toilettes de la journée. Si les pères décrivent eux aussi l’enfant comme ayant un impact-temps considérable sur leurs journées, aucun n’a dû sacrifier son temps « physiologique » à l’enfant (en dehors du temps de sommeil, ce qui est évidemment aussi le cas des mères en congé parental).

Cette différence entre les pères et les mères est plus à chercher dans les représentations que dans l’occupation réelle du temps : les journées-typiques de chacun d’entre eux se ressemblent énormément. A la limite, les mères en congé sont un peu plus susceptibles de prendre en charge des tâches ménagères dans la journée quand l’enfant est réveillé ou le soir quand leur conjoint est rentré, tandis que les pères en congé les réalisent principalement pendant les siestes. Cependant, les mères déclarent beaucoup plus se « mettre la pression » pour réaliser les tâches ménagères ou mieux tenir la maison que quand elles travaillaient, ce qui est beaucoup moins le cas des pères.

Cette pression est décrite par les mères comme d’autant plus néfastes que pour certaines, elles ont le sentiment que ça les empêche de profiter de leurs enfants… Alors même que c’était le but du congé parental. La parfaite femme au foyer, un fantôme à exorciser ?

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