Conseils pour les CVs d’ATER

La campagne d’ATER 2018 est encore loin, mais il n’est jamais trop tôt pour se préparer pour ce rite de passage spécial doctorant en fin de thèse et jeune docteur. J’ai assisté l’année dernière à un atelier de rédaction de CV avec une enseignante-chercheuse qui nous a donné quelques conseils en la matière, que je vais partager ici.

Premier conseil qui vous servira pour le reste de votre carrière d’enseignant-chercheur : faites un CV matriciel dans lequel vous mettez TOUT ce qui a un rapport avec votre travail : enseignements, activités de recherche, publication, « valorisation » de la recherche (communications, organisations de journées d’étude et équivalent, coordination d’une publication…)… Cependant, comme le mot « matriciel » l’indique, il ne s’agit pas d’envoyer ce monstre de 20 pages pour chacune de vos candidatures. Au contraire, l’idée est que dès que vous aurez assez de matière, vous couperez dedans pour vos candidatures, en fonction du fléchage de poste, en conservant les éléments en adéquation avec le poste et en éliminant ceux qui le sont moins.

Certes, si vous êtes un doctorant en fin de thèse, vous aurez peut-être le sentiment que vous n’avez pas assez de contenu pour vous permettre de trancher dans le tas. Cependant, une chose qu’on oublie souvent (que moi j’avais oublié en tous cas) quand on est apprenti-chercheur, c’est qu’un poste d’ATER est ciblé sur l’enseignement. Ce qui signifie qu’on a tout intérêt à mettre en avant ses activités d’enseignements, plutôt que ses activités de recherche dans son CV pour un poste d’ATER. A ce titre, organiser les thématiques de votre CV dans l’ordre suivant : enseignement (activités pédagogiques et d’enseignement, y compris non-universitaires comme des cours particuliers ou des cours dans le secondaire), administratif (si vous avez effectué des activités de saisie, de secrétariat, de coordination, de comptabilité… mais aussi l’organisation d’événement et de valorisation) et enfin recherche. Dans l’idée, votre CV d’ATER devrait être consacré à 60% à l’enseignement, à 30% à l’administratif et 10% à la recherche. Frustrant quand on sait que la recherche est censé être la partie la plus valorisée de notre travail, mais on n’est pas à une injonction contradictoire près, dans l’université comme ailleurs.

Il s’agit donc de mettre la gomme sur l’enseignement. N’oubliez pas de préciser le nombre d’heures total consacré à l’enseignement et pour chaque cours, de préciser le public auquel vous avez enseigné (donner un cours de statistiques à des sociologues, ce n’est pas la même chose qu’à des mathématiciens) et de faire une petite présentation de chaque enseignement (les titres ne sont pas forcément explicites) : descriptif du cours, support employé (brochure de textes, exercices…) et outils, noms des auteurs mobilisés ou les thématiques, la méthode d’évaluation… Par exemple, à la fin de la partie enseignement, vous pouvez mettre une section « méthode d’évaluation » en mettant si vous avez déjà corrigé des paquets de copies notamment.

Pour la partie administration, concentrez-vous sur les compétences plutôt que le contenu. Si vous avez fait un CDD en tant que secrétaire ou si vous avez été trésorier dans une association, n’hésitez pas à le mettre, surtout pour signaler que ça a été l’occasion de développer des connaissances de saisies informatiques ou de comptabilité par exemple. Dans le même ordre d’idée, signalez les compétences/logiciels informatiques que vous maitrisez. Vous pouvez par exemple mettre un lien vers un PowerPoint que vous avez fait pour vos cours. Si vous avez été webmaster d’un site ou si vous avez des compétences en graphisme, mettez-le. Concernant les activités de co-organisation de journées d’étude, de numéro de revue… précisez ce que vous avez fait, formulé en termes de compétences acquises. Précisez par exemple si vous avez déjà rédigé un rapport de recherche ou un compte-rendu de réunion.

Concernant la recherche à proprement parler, elle doit être réduite au strict minimum parce que ce n’est pas sur ça que vous allez être évalué. Ainsi, il n’est pas utile de faire la liste de toutes les communications que vous avez faites : privilégiez celles faites à l’étranger ou dans des institutions prestigieuses par exemple. Pour les articles, vous pouvez mettre les noms des revues en gras : ce n’est pas tellement le titre de vos articles (ou de vos communications) qui comptent que ce dont elles sont le signal. De même, pour votre thèse, l’important est de faire figurer votre ou vos directeurs et vos laboratoires (en précisant les acronymes). Vous pouvez aussi faire figurer quelques mots-clefs, surtout s’ils ont un rapport avec le poste. Mettez aussi le lien vers votre page web sur le site du laboratoire (et mettez-le à jour).

Il s’agit d’atteindre le juste équilibre en précisant les compétences (pédagogiques et administratives) dont vous pouvez vous prévaloir (le recruteur ne peut pas deviner que vous maitrisez Excel si vous ne l’indiquez pas) et ne pas en dire trop : les CVs ne sont jamais lus entièrement (et encore moins ceux de dix pages) et tout n’est pas intéressant à lire pour le recruteur (aussi déchirante que soit l’idée de faire des coupes dans l’exposé de votre précieux travail). Certaines universités demandent des CVs de quatre pages maximum (liste des publications incluses ou non) : c’est un bon exercice pour vous obliger à conserver le « best of » de vos compétences professionnelles. Divisez votre CV en rubriques clairement identifiées. Essayez dans la mesure du possible de faire coïncider le début d’une rubrique avec le début d’une page et de faire tenir chaque item sur une seule ligne. N’hésitez pas à utiliser des listes et des bullets points. Vous pouvez aussi utiliser les tableaux avec l’information clef dans la première colonne et le « remplissage » dans la deuxième.

Un de vos principaux atouts est la clarté. Personnellement, j’ai fait une page de garde avec mes études, une rapide présentation de ma thèse (titre, mots-clefs, directeurs, laboratoires) et de mes rattachements à des réseaux de chercheurs. Ensuite, j’ai fait des rubriques dispatchées dans les trois thématiques précédentes (enseignement, administratif, recherche) plus une très courte partie « informations complémentaires », chacune divisée en sous-rubriques thématiques (organisation de manifestations scientifiques, valorisation de la recherche, compétences informatiques et bureautiques par exemple). Jouez avec la taille de la police, le gras, etc., de façon à ce que l’information soit clairement organisée et que le recruteur sache facilement où la trouver.

Récapitulons donc les points importants, sous forme de liste pour montrer qu’on a bien compris les recommandations précédentes :
– privilégiez la clarté et la concision à l’exhaustivité
– mettez l’accent sur vos activités d’enseignement
– mettez en avant vos compétences plutôt que les intitulés

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Baptiste Coulmont

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