L’amour – un piège à femmes

L’amour. L’amour romantique, s’entend, pas l’amour filial ou les autres formes d’affection. Et l’amour hétérosexuel, puisque l’amour homosexuel est considéré comme un phénomène trop minoritaire pour mériter qu’on s’y intéresse. L’amour, ce qui fait courir les hommes et les femmes. L’amour romantique hétérosexuel, qui a fait couler beaucoup d’encre, est à la base de nombreuses fictions, fait l’objet de moult chansons… Pourquoi écrire un article de plus ?

Lorsque je travaillais sur mon article sur l’amour romantique (et nécessairement hétérosexuel) dans les dystopies young adult, j’ai été amenée à repenser à plusieurs des ouvrages féministes ou de sociologie qui en parlaient, à titre principal ou de manière périphérique. Et au fait qu’ils en disaient un peu tous la même chose : l’amour romantique hétérosexuel est une idéologie qui limite les femmes, dans leurs choix, leurs possibilités, leur énergie… Entendons-nous. Ici, je ne parle pas de l’amour romantique tel qu’une personne peut le ressentir envers une autre. Je parle des discours qui sont tenus sur lui et les représentations dominantes dans notre société contemporaine sur ce que l’amour est et doit être, l’idéologie de l’amour.

Cette idéologie est constituée d’un certain nombre d’idées reçues. Par commodité, je vais reprendre les six « idées de base de l’amour » décrites par Ruwen Ogien : l’amour est plus important que tout, l’être aimé est irremplaçable, on peut aimer sans raison, l’amour est au-delà du bien et du mal, on ne peut pas aimer sur commande, l’amour qui ne dure pas n’est pas un amour véritable. Rien de propre à un sexe plutôt que l’autre à première vue. Et pourtant. Si l’amour est perçu comme étant plus important que tout, il est présenté comme l’étant encore plus pour les femmes que par les hommes. Et je vais tenter de le prouver.

  1. La désirabilité hétérosexuelle : l’aune pour mesurer la valeur d’une femme

En ce moment, je regarde la série Masters of sex. Pour les lecteurs et les lectrices qui l’ignoreraient, cette série, basée sur des faits réels, raconte les recherches médicales du docteur William Masters et de son assistante Mme Virgina Johnson sur la sexualité. Bien que la série montre qu’en dépit de son titre d’« assistante », Virgina Johnson est présentée comme une chercheuse au même titre que William Masters, en termes d’implication, de temps et d’énergie consacrés à cette étude, et de contribution à ses avancées. Pourtant, elle est souvent renvoyée par d’autres personnages à son titre subalterne, son absence de formation universitaire, et à son apparence et à sa liaison supposée avec le docteur Masters. C’est particulièrement net lors des premières interactions entre Virgina Johnson et la docteure Liliane DePaul, qui a souffert du sexisme pendant ses études et dans l’exercice de sa profession, et qui déclare explicitement à Virgina que selon elle, la seule manière pour une femme sans diplôme universitaire d’occuper un poste d’assistante de recherche est d’avoir joué de ses charmes.

Harcèlement de rue, commentaires sur les femmes politiques ou artistes… Les exemples ne manquent pas pour montrer qu’une femme est renvoyée avant tout à son apparence, plutôt qu’à sa personnalité, ses compétences ou son intellect. Dans les petites annonces matrimoniales du journal Le chasseur (étudiées par de Singly), les hommes déclarent chercher des femmes jeunes et belles et mettent en avant leur statut socioprofessionnel ou leur richesse, et inversement pour les femmes. De même, lorsqu’on demande à quelqu’un ce qu’il ou elle a apprécié chez son partenaire, les hommes citent plus souvent la beauté que les femmes (selon l’enquête sur « la formation du couple », exploitée entre autres par Michel Bozon).

Plus encore, l’apparence est censée être un des soucis majeurs d’une femme. Je me souviens qu’à propos d’une de ses collègues de travail, la seule remarque faite par mon père a été « elle ne prend pas soin d’elle ». Voulait-il dire que sa peau était couverte de crasse, qu’elle portait des guenilles, qu’elle avait des plaies purulentes sur les bras ? J’en doute. Plus vraisemblablement, il s’agit d’une femme qui se maquille peu, ou pas, qui ne se vernit pas les ongles, peut-être que parfois ses cheveux sont un peu emmêlés ou qu’elle porte des joggings. L’absence d’apparence soignée pour une femme est synonyme de « laisser-aller ». Et il ne s’agit pas seulement de porter de l’attention, passer du temps et de l’énergie à « soigner » son apparence. Il s’agit de la conformer autant que possible aux idéaux esthétiques supposés souligner sa désirabilité hétérosexuelle.

Les auteures féministes qui se sont intéressées à la question n’ont pas manqué de souligner le caractère contraignant de cette injonction qui pèse sur les femmes à « prendre soin d’elles ». Le sous-titre du livre de Naomi Wolf intitulé the beauty myth (le mythe de la beauté) est : how images of beauty are used against women (comme les images de la beauté sont utilisées contre les femmes). De même, dans Beauté fatale – les nouveaux visages d’une aliénation féminine, Mona Chollet montre les implications pratiques pour les femmes de la « tyrannie du look », en termes de préoccupations :

Le déchiffrement du monde en termes de « tendances » qu’on réserve à la lectrice [dans les magazines féminins], la surenchère d’articles lui signalant tous les aspects d’elle-même qui pourrait partir à vau-l’eau et les façons d’y remédier, lui disant implicitement, mais avec une insistance proche du harcèlement, que sa principale, voire son unique vocation est d’exalter et de préserver ses attraits physiques. Et de ne pas s’occuper du reste. Aux critiques, les journalistes de la presse féminine ont coutume de rétorquer que « les lectrices ne sont pas idiotes » et qu’elles savent très bien faire la part des choses. Or l’intelligence n’a rien à faire dans la réception de ces discours, dont le propre est justement de la mettre en échec, de la contourner.  Ils ont inévitablement un effet, car ils jouent sur des craintes et des failles très intimes, qu’ils ne cessent de titiller, d’entretenir : la peur de ne pas ou de ne plus être aimée, la peur d’être rejetée, la peur de vieillir dans une société qui semble ne concevoir les femmes que jeunes… […] La dévalorisation systématique de leur physique que l’on encourage chez les femmes, l’anxiété et l’insatisfaction permanentes au sujet de leur corps, leur soumission à des normes toujours plus strictes et donc inatteignables sont typiques de ce que l’essayiste américaine Susan Faludi a identifié en 1991 comme le backlash : le « retour de bâton ».  […] Puisqu’elles avaient échappé aux maternités subies et à l’enfermement domestique, l’ordre social s’est reconstitué spontanément en construisant autour d’elles une prison immatérielle. Les pressions sur leur physique, la surveillance dont celui-ci fait l’objet sont un moyen rêvé de les contrôler. Ces préoccupations leur font perdre un temps, une énergie et un argent considérables : elles les maintiennent dans un état d’insécurité psychique et de subordination qui les empêche de donner la pleine mesure de leurs capacités et de profiter sans restriction d’une liberté chèrement acquise (p. 27-29).

Car bien sûr, ce n’est pas seulement une question d’énergie émotionnelle (anxiété, manque de confiance en soi…). Ces injonctions à se conformer à un certain nombre de normes esthétiques se traduisent en termes de dépenses (Mona Chollet parle de l’industrie de la mode, des cosmétiques, de la chirurgie esthétique, des produits amaigrissants et blanchissants pour la peau). Or, les heures passées à s’apprêter et à « se préparer », mais aussi à préparer cette préparation (recherches sur les « tendances » vestimentaires ou sur les produits cosmétiques, à les acheter, etc.) sont autant de temps qui n’est pas passé à faire autre chose. En effet, la femme doit être féminine, mais elle ne doit pas montrer qu’elle y consacre trop de temps et d’intérêt, au risque d’être taxée de frivolité ou de superficialité. Et on retrouve une des injonctions contradictoires qui pèsent sur les femmes : la femme doit faire en sorte d’être qualifiée de belle, mais elle ne doit surtout pas laisser paraître les efforts pour arriver à ce résultat.

« Prendre soin de soi » est même un pré-requis dans un certain nombre de professions « féminines », comme les hôtesses de l’air ou les hôtesses en général. A titre d’exemple, Gabrielle Schütz dans « hôtesse d’accueil – les attendus d’un « petit boulot » féminin pour classes moyennes » souligne la dimension « décorative » de l’hôtesse, tant comme dépense ostentatoire (l’organisateur de l’événement a les moyens d’employer des gens « à ne rien faire ») que comme « belle plante » :

Le respect de prescriptions corporelles contraignantes est essentiel pour l’hôtesse. Son corps doit en effet être parfaitement civilisé, à l’aide de déodorant, maquillage, coiffures qui « disciplinent » les cheveux. Son comportement ne l’est pas moins : toutes les agences précisent que l’hôtesse ne doit ni fumer, ni manger, ni boire ou mâcher du chewing-gum, ni avoir le dos voûté, les bras croisés, s’adosser aux murs, ou encore être assise « incorrectement ». L’hôtesse ne peut donc se permettre à aucun moment de relâcher sa posture, ni même laisser à penser qu’elle a des besoins corporels. Son corps est ainsi entièrement dédié à la représentation d’une féminité idéalisée. Notons que ces prescriptions ont souvent valeur contractuelle : la Charte de qualité de l’agence B doit être signée avec le contrat de travail. (p. 143)

Or, cette fonction décorative est liée à la désirabilité hétérosexuelle de l’hôtesse :

Les hôtesses participent à la réassurance de l’identité masculine dans la mesure où elles se prêtent quotidiennement à la « drague » quasi rituelle de certains visiteurs, et où cela est attendu par les clients des agences, qui n’apprécient souvent pas que l’hôtesse ne se prête pas – dans certaines limites – à ce « jeu ». Si l’hôtesse reste en effet toujours souriante, polie et disponible, conformément à ses attributions, elle ne peut que se prêter à la drague légère, repoussant avec tact les avances ou faisant semblant de ne pas relever, ce qui renforce encore le caractère stéréotypé de ce jeu. Dès lors, elle est très fréquemment sollicitée (p. 150).

Bref, vous l’aurez compris si vous n’en aviez pas déjà conscience : les femmes sont limitées par les injonctions qui pèsent sur elle à « prendre soin d’elles » et à se conformer à un idéal esthétique censé susciter l’intérêt des hommes hétérosexuels. Car comme le souligne Mona Chollet dans le passage cité plus haut, si elles ne le font pas, elles courent le risque de mourir seules, vieilles et moches, dévorées par des bergers allemands (ou du moins, c’est ce qu’on leur fait croire). Et c’est bien entendu la pire chose qui peut arriver à une femme.

  1. Une femme sans homme n’est que la moitié d’elle-même

Comme je l’ai dit en introduction et ailleurs, l’amour est présenté aujourd’hui comme quelque chose d’essentiel dans l’épanouissement d’un individu. Mais cette injonction est légèrement plus forte pour un sexe que pour l’autre. Par exemple, Michele Schreiber dans American Postfeminist Cinema compare Me Myself I (Karmel, 1999) et The Family Man (Ratner, 2000), deux films qui montrent deux chemins possibles qu’aurait pu prendre le personnage principal, suivant qu’il privilégie la famille ou le travail. Dans le premier film (où le personnage principal est une femme), la vie mariée est présentée comme intrinsèquement meilleure que le célibat (même s’il permet l’accomplissement professionnel). À l’inverse, dans le second (où le personnage principal est un homme), la morale du film est que la richesse sans famille avec qui la partager est décevante.

Selon Eva Illouz dans pourquoi l’amour fait mal, le fait que l’injonction à être en couple pèse plus lourdement sur les femmes que sur les hommes s’explique aisément. Tout être humain a besoin de tirer de la fierté d’une chose au moins dans sa vie, pour son estime de lui-même et/ou sa reconnaissance sociale. Or, si les hommes peuvent tirer du crédit de leur activité professionnelle, les femmes moins bien placées sur le marché du travail sont contraintes de « se rabattre » sur leur relation conjugale, dont elles sont par conséquent plus dépendantes que les hommes, au moins sur ce plan de l’estime de soi (sans compter une possible dépendance matérielle).

Dans le même ordre d’idée, dans l’énigme de la femme active, Pascale Molinier souligne que sur le plan symbolique, l’identité féminine est associée à la relation hétérosexuelle (et son accomplissement « naturel », la maternité) et l’identité masculine à l’activité professionnelle. Non pas qu’une femme ne puisse pas placer son activité professionnelle comme faisant partie ou étant au cœur de son identité personnelle. Seulement, son travail ne sera pas versé à sa féminité.

La nécessaire relation hétérosexuelle pour être une femme accomplie a pour corollaire des sanctions qui refusent de « se faire passer la corde au cou ». Encore qu’on puisse entendre cette expression pour un homme célibataire, qui refuse de renoncer à sa liberté de profiter des joies du célibat ; le célibat féminin est perçu comme forcément subi, ou découlant d’une tare. Les romances produites ces vingt dernières années, étudiées par Michele Schreiber, reposent sur un schéma bien rodé : l’héroïne a « tout », une belle carrière, des amis… Tout ? Non. Il lui manque quelque chose, et très rapidement, la narration laisse entendre que ce qui lui manque, c’est un conjoint. Si elle est célibataire, ce n’est pas par choix : il y a quelque chose qui ne va pas chez elle, et le film décrira comment elle parviendra à travailler sur elle-même afin de surmonter son petit défaut, l’unique obstacle à une relation amoureuse épanouie, et convoler en justes noces. A l’inverse, les femmes célibataires sont naturellement diabolisées ou représentées comme souhaitant sortir de cette situation délicate :

On dirait qu’il est impossible de représenter [dans la culture populaire] qu’une femme puisse activement choisir sans limite de temps de rester sans partenaire, ou plutôt sans homme (Anthea Taylor, Single women in Popular Culture – the limits of postfeminist, p. 2, notre traduction)

De même, Jean-Claude Kaufmann montre dans la femme seule et le prince charmant montre que les femmes célibataires dans la trentaine font l’objet de « rappels à l’ordre » permanents, par exemple sous la forme de petites questions insidieuses et répétées, comme « toujours pas casée ? » ou équivalents.

Bref, dans les représentations contemporaines, un homme définitivement célibataire passe à côté de quelque chose, une femme a raté sa vie.

  1. Une relation de service

Je ne peux pas finir cet article sans évoquer les contraintes quotidiennes que la relation hétérosexuelle fait peser sur les femmes. De même que le maintien de sa désirabilité hétérosexuelle est supposé être un souci et un travail constants de la part des femmes, il en va de même pour le maintien de la relation amoureuse. J’ai parlé dans un autre article du travail d’Irène Jonas sur « le nouveau travail de la femme dans l’entreprise-couple », soit l’injonction qui pèse sur les femmes d’être les garantes de la réussite de la relation conjugale, en s’adaptant aux besoins de leur conjoint. Plus largement, divers travaux féministes et sociologiques ont suffisamment montré que les femmes sont amenées à prendre en charge la majorité des tâches ménagères et parentales au sein du couple. Mais le travail que la femme effectue au sein du couple ne se limite pas à cette dimension concrète : elle a aussi une dimension mentale et affective. Là encore, de nombreuses auteures se sont penchées sur la question : le sexage de Colette Guillaumin, la « charge mentale » de Monique Haicault, les auteur-e-s qui travaillent sur le care… Ainsi, les auteures de Espace et temps du travail domestique écrivent :

Dans le travail domestique, les femmes sont au service de leur mari et de leurs enfants, au service de leur famille : l’expression temporelle de cette relation de service est la disponibilité permanente.

Là encore, le temps et l’énergie que les femmes consacrent à la « reproduction » (maintien du domicile en état, maintien de la relation conjugale et du bon état émotionnel de leur conjoint) sont autant de temps et d’énergie qu’elles ne consacrent pas à elles-mêmes, à leur carrière professionnelle et plus largement à leurs projets. Et elles sont d’autant plus incitées à prendre en charge ce travail de reproduction que d’une part, un certain nombre d’injonctions sociales pèsent  sur elles pour les inciter à le prendre en charge (non seulement c’est leur « devoir », mais en plus elles sont censées y prendre plaisir, puisque c’est dans la « nature féminine » de prendre soin des autres), et que d’autre part, le maintien de la relation conjugale dépend de la capacité des femmes à prendre en charge ce travail. Or, comme on l’a montré plus haut, les femmes sont davantage dépendantes de la relation conjugale que les hommes ne le sont.

On s’éloigne un peu de la question de l’amour, pensez-vous peut-être. Pas vraiment en fait. Caroline Henchoz dans son travail sur l’argent dans le couple parle d’« idéologie amoureuse du don et du désintérêt » : Dans cette idéologie, les actions et les pensées d’un conjoint sont orientées vers le bien de l’autre. « Le sacrifice de ses intérêts individuels au profit du conjoint est ainsi considéré comme une façon tangible de montrer son engagement et sa confiance dans la relation » (p.49), sous forme de dons que chaque conjoint fait à l’autre. Ainsi, les femmes sont incitées à donner leur temps et leur énergie à leur famille, et dans ce qui nous intéresse, à leur conjoint, comme la preuve de leur affection. Or, il y a tout lieu de croire que les dons féminins sont supérieurs aux dons masculins.

 

Conclusion

Evidemment, ce que j’écris ici n’a rien de bien révolutionnaire. Selon Eva Illouz,

Ti-Grace Atkinson affirme que l’amour romantique est le « pivot psychologique de la persécution des femmes ». De même, les féministes soutiennent qu’une lutte pour le pouvoir se déchaîne toujours au cœur de l’amour et de la sexualité, et que les hommes ont eu et continuent d’avoir la main haute dans cette lutte en raison de la convergence entre pouvoir économique et pouvoir sexuel (p.15).

L’amour romantique hétérosexuel semble donc bien un « piège à femmes », piège qui les contraint sur le plan matériel et mental, les enjoignant à se conformer à un certain nombre de standards et d’injonctions, sous peine de sanctions sociales. Cet enfermement des femmes ne manifeste pas uniquement sous formes de punitions a posteriori, bien entendu. Il passe également par un véritable travail culturel de sape, une limitation des horizons et des comportements possibles dans lesquels les petites filles, les adolescentes, les jeunes femmes, les femmes adultes… peuvent se projeter. Cette représentation de l’amour comme la seule voie possible de vie réussie pour une femme est constamment réaffirmée dans la culture populaire, et elle est intériorisée par la majorité des individus, qui fonctionnent comme autant d’agents de « rappels à l’ordre », en prescrivant des recettes pour trouver l’amour et le garder, des conseils de beauté, en stigmatisant les femmes seules et/ou « négligées » et/ou « égoïstes » car ces dernières ne font « pas assez d’effort ». Pas assez d’effort pour qui ? Pour elles-mêmes ? Non,  justement. Pas assez d’effort pour autrui. Et c’est bien ce que cela a de révoltant. L’injonction qui est faite aux femmes de se plier aux diktats de la relation amoureuse romantique hétérosexuelle fonctionne comme une métonymie du travail de care que les femmes sont censées occuper plus largement dans la société. Un travail non-reconnu, encore un. Mais ça, les femmes ont l’habitude.

Bibliographie

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Bozon Michel, « Les femmes et l’écart d’âge entre conjoints. Une domination consentie. II. – Modes d’entrée dans la vie adulte et représentations du conjoint », Population, vol. 45, n°3, 1990, p. 565-602
Chabaud-Rychter Danielle, Fougeyrollas-Schwebel Dominique, Sonthonnax Françoise, « Espace et
Chollet Mona, Beauté fatale, Zones, 2012
Faludi Susan, Backlash : The Undeclared War Against American Women, Crown Publishing Group, 1991
Girard AlainLe Choix du conjoint. Une enquête psycho-sociologique en France, Armand Colin, 2012
Guillaumin Nicole, Sexe, race et pratique du pouvoir – l’idée de nature, Indigo & Côté-femme, 1992
Haicault Monique, « La gestion ordinaire de la vie en deux », Sociologie du Travail, n° 3, 1984
Henchoz Caroline, Le couple, l’amour et l’argent – la construction conjugale des dimensions économiques de la relation amoureuse, L’Harmattan (coll. « Questions sociologiques »), 2009
Illouz Eva, Pourquoi l’amour fait mal – l’expérience amoureuse dans la modernité, Seuil (coll. « la couleur des idées »), 2012
Jonas Irène, « le nouveau travail féminin dans « l’entreprise-couple » », Cahiers du genre, n°41, 2006
Jonas Irène, « un nouveau travail de « care » conjugal : la femme « thérapeute » du couple », Recherches familiales, n°3, 2006
Kaufmann Jean-Claude, La Femme seule et le Prince charmant, Nathan, 1990
Molinier Pascale, l’énigme de la femme active – égoïsme, sexe et compassion, Payot, 2003
Ogien Ruwen, Philosopher ou faire l’amour, Grasset, 2014
Schütz Gabrielle, « Hôtesse d’accueil – les attendus d’un « petit boulot » féminin de classes moyennes », Terrain & travaux, Vol. 10, n°1, 2006
Schreiber Michele, American postfeminist cinema – women, romance and contemporary culture, Edinburgh University press, 2015
de Singly François, « Les manœuvres de séduction : une analyse des annonces matrimoniales », Revue française de sociologie, vol. 25, n°4, 1984
Taylor Anthea,  Single women in Popular Culture – the limits of postfeminist, Palgrave Macmillan UK, 2012
Wolf Naomi, the beauty myth, Chatto & Windus, 1990

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