Grandeurs et échecs du progressisme dans la série Teen Wolf

Depuis le succès de la saga Twilight de Stéphanie Meyer, les personnages de vampire et de loup-garou sont redevenus populaires dans les œuvres de fiction. Ainsi, de nombreuses séries fantastiques américaines mettent en scène des loups-garous, qui ne sont pas des monstres ou des opposants mais des personnages principaux ou des adjuvants[1], le plus souvent des personnages masculins : True Blood, Being human, The vampire diaries, Bitten… Ces mises en scène d’humains animalisés présentent le plus souvent un conflit entre l’homme et la bête, entre la civilisation (et l’amour romantique hétérosexuel que le héros ressent pour un personnage féminin) et la sauvagerie qui va de pair avec des pulsions animales. Dans la série Teen Wolf, si ce conflit est introduit dans le scénario à plusieurs reprises, la construction scénaristique se présente davantage sous la forme d’une série policière, où il s’agit d’identifier la créature surnaturelle responsable des meurtres de différents personnages au cours de chaque saison.

Parmi les personnages principaux (ceux mis en avant dans les génériques), on compte quatre personnages masculins et deux personnages féminins seulement. Cependant, la série tente de compenser ce manque relatif de personnages féminins parmi le casting pour des discours féministes et non-hétéronormatifs[2] et des personnages féminins « forts », c’est-à-dire qui augmentent leur capacité d’agir et au combat par la maitrise de savoirs ou de compétences liées aux armes ou à leurs capacités surnaturelles. Pour autant, les personnages masculins et féminins se voient attribuer des espèces différentes : la majorité des personnages surnaturels masculins sont des loups-garous ou des kanimas[3], tandis que les personnages surnaturels féminins appartiennent souvent à des espèces qui n’ont que des représentants féminins (kitsune[4], banshee[5]). Dans quelle mesure la série Teen Wolf donne à voir une subversion des normes de genre ? Dans un premier temps, nous verrons que si la transformation en loup-garou semble donner les mêmes capacités aux hommes et aux femmes, la morsure en tant que telle tout comme le système de meute met les hommes au premier plan. Dans un deuxième temps, nous verrons que si la bestialité dans la série est le fait des personnages masculins comme des personnages féminins, elle prend des modalités différentes selon le sexe du personnage. Enfin, nous verrons que sous des abords progressistes, la série donne à voir des représentations du genre traditionnelles.

1. La morsure : une divine surprise ?

Dans la série, la morsure de loup-garou est perçue comme quelque chose de désirable par les personnages. Ainsi, deux personnages masculins désirent vivement être mordus, et Derek (un loup-garou) parvient à convaincre trois personnages (une femme et deux hommes) de l’accepter ; soit pour augmenter leur puissance physique, soit pour guérir de maladies incurables (cancer, épilepsie). Plus largement, la transformation en loup-garou est présentée comme un moyen d’ascension sociale pour les personnages qui en bénéficient, du moins au sein du microcosme du lycée. Cependant, ce pouvoir a des coûts. De plus, le fait d’entrer dans une communauté en lien avec le surnaturel oblige la plupart des personnages qui en dépendant à se soumettre à l’autorité du chef, qu’il soit juste ou non.

1.1 La morsure comme moyen d’ascension sociale

Dès les premières images de la série, Scott (le personnage principal) est présenté comme un outsider au sein du lycée : il ne vient pas d’une famille riche, il n’est pas populaire, mauvais à l’école et en sport, il souffre d’asthme. La morsure par un loup-garou lui permet d’augmenter ses sens et ses réflexes. Dans les premiers épisodes de la saison 1, Scott parvient à entendre une conversion éloignée, il se découvre des aptitudes au lacrosse (le sport-phare au sein de son lycée), il est même guéri de son asthme. Plus largement, la transformation augmente l’agilité, la force physique et elle dote du pouvoir de se régénérer. La transformation en loup-garou permet alors aux personnages qui en bénéficient de s’élever dans la hiérarchie sociale, mais selon des modalités différentes pour les hommes et les femmes : Scott et Isaac deviennent d’excellents joueurs de lacrosse[6] ; Erica gagne de la confiance en soi et de l’aisance. Cette assurance se manifeste notamment par une sexualisation de ce personnage, et sur le jeu du personnage avec l’effet qu’elle produit sur les personnages masculins hétérosexuels grâce à son pouvoir de séduction accru.

De plus, les loups-garous qui deviennent des alphas bénéficient de pouvoirs accrus : outre le fait qu’ils peuvent transformer des humains en loups-garous, qu’ils disposent d’une puissance accrue par rapport aux loups-garous bêtas et omégas et d’une capacité de contrôle relative sur les bêtas de leur meute ; ils peuvent également lire dans les souvenirs d’autres loups-garous. Ainsi, les loups-garous qui parviennent à devenir des alphas (soit par leurs qualités personnelles dans le cas de Scott, soit en prenant cette capacité à un autre alpha) s’élèvent au sommet de la hiérarchie de la meute.

Cependant, la morsure ne marche pas à tous les coups. Ainsi, elle peut causer la mort. Dans le cas de Lydia, la morsure ne se traduit pas par une transformation en loup-garou, mais en banshee : ainsi, elle provoque une augmentation des connaissances du personnage, puisque son don s’apparente à celui d’un médium[7], mais il n’est pas maitrisé et fonctionne même contre sa volonté, et conduit Lydia à voir et à entendre des meurtres ou à trouver des cadavres. Ainsi, cette compétence n’augmente pas la capacité d’agir de Lydia, puisqu’elle ne délivre que des informations parcellaires, qui doivent être décryptées (le plus souvent par d’autres personnages). De plus, les informations qu’elle obtient ne lui servent pas directement mais sont mises au service de l’enquête surnaturelle menée par les héros. Enfin, le lien créé entre elle et l’alpha qui l’a transformée diminue sa capacité d’agir, puisqu’elle est manipulée par lui et qu’il prend ponctuellement le contrôle de ses actes pendant une grande partie de la saison 2. Ainsi, contrairement à Scott, qui voit sa capacité d’agir et son statut social au sein du lycée augmenter grâce à la morsure ; Lydia voit son statut de reine du lycée partiellement remis en cause suite à la morsure. En effet, le fait d’être la seule à voir et à entendre certaines choses la condamne à être stigmatisée de « folle ». Plus largement, la plus grande capacité d’agir liée à l’appartenance à une espèce surnaturelle semble favoriser les hommes plus que les femmes. En effet, ni Lydia ni Kira (une kitsune) ne se servent de leurs capacités surnaturelles dans la vie ordinaire, contrairement à Scott et Isaac. Enfin, dans le cas de Jackson, la morsure ne le transforme pas en loup mais en kanima. Non seulement il ne bénéficie d’aucune des améliorations physiques des loups (en ce qui concerne les sens, la puissance physique, etc.), mais en plus il perd considérablement de sa capacité d’agir, puisqu’il est désormais contrôlé par un autre personnage, qui lui fait commettre des meurtres à son insu.

Ainsi, la transformation en loup-garou permet à des outsiders au sein du lycée de ne plus être des « omégas » sociaux, en sortant de l’invisibilité ou de la stigmatisation dont ils faisaient l’objet. Cependant, la morsure n’est pas un sésame automatique vers l’ascension sociale, en témoignent les personnages de Lydia et Jackson. En effet, pour ce dernier, le fait qu’il devienne un kanima peut être vu comme une punition pour avoir désiré quelque chose dont il n’avait pas besoin[8] et ne pas avoir fait preuve de reconnaissance face à ce don. Plus largement, Jackson incarne une masculinité classique : quête de puissance (il ne désire être un loup-garou que pour rester le meilleur joueur du lycée), esprit de compétition, agressivité, virilité (pratique intense d’un sport et de la musculation). La série montre la fragilité de cette masculinité classique, puisqu’elle est ébranlée simplement par le fait qu’un autre personnage masculin devient un bon joueur de lacrosse ; et les dangers de cette masculinité, pour soi et pour autrui. En effet, non seulement la morsure de Jackson n’augmente pas sa capacité d’agir, mais en plus en fait un danger pour quiconque s’est mis en travers de la route de la personne qui le contrôle.

1.2 Un grand pouvoir implique de grandes vulnérabilités

Si la transformation en loup-garou va de pair avec une augmentation des capacités d’agir des personnages, elle a aussi des coûts, qui se traduisent par des vulnérabilités spécifiques : risque de perdre le contrôle de soi, d’être empoisonné par de l’aconit tue-loup ou piégé par du bois de sorbier (que les créatures surnaturelles ne peuvent pas toucher) ou d’être traqués par des chasseurs de loups-garous ou par une autre meute.

Ainsi, les loups-garous voient leurs instincts prédateurs prendre le dessus aux dépends de leur humanité lors des nuits de Pleine Lune, et se voient mus uniquement par la pulsion de tuer ceux qui croisent leur route. Ainsi, deux loups-garous manquent de tuer trois personnes pendant la Pleine Lune (3×03). Plus largement, ils courent le risque de voir leurs instincts de loup-garou prendre le dessus en cas d’accélération de leur rythme cardiaque (colère, excitation sexuelle). De plus, les bêtas doivent se soumettre à leur alpha, parfois contre leur volonté. Par exemple, Scott manque d’attaquer ses amis alors qu’il est sous la coupe de l’alpha (1×06). Plus largement, le fait de frayer avec le surnaturel va de pair avec le risque d’être contrôlé par une autre personne.

Les coûts supportés par les femmes mordues semblent être plus grands que ceux supportés par les hommes. Ainsi, le seul personnage qui ne survit pas à la morsure est une femme. De même, Malia (une coyote-garou) tue sa sœur et sa mère lors d’une Pleine Lune et passe une partie importante de sa vie sous la forme d’un coyote, sans se souvenir qu’elle est humaine. De plus, une fois de retour à sa forme humaine, elle est internée dans un hôpital psychiatrique, tout comme Meredith, une banshee. Enfin, Lydia paie ses dons de banshee par le fait qu’elle est considérée comme folle par ses camarades de lycée.

La morsure n’a donc pas que des avantages, puisqu’elle peut entrainer la mort et qu’elle transforme en une créature qui diminue la capacité d’agir du personnage au moins de façon ponctuelle, à la Pleine Lune ou lorsque quelqu’un en prend le contrôle. Plus largement, le loup-garou reste à la merci d’un poison spécifique (l’aconit) mais aussi de la volonté de son alpha.

1.3 Trouble de l’allégeance : la meute ou les potes ?

Selon Cora (la sœur de Derek), « Une meute c’est bien plus qu’une famille. Perdre l’un des tiens c’est comme perdre un bras ou une jambe. » (3×08). Dans la série, les liens entre les membres d’une même meute se manifeste par l’allégeance que les loups-garous témoignent à leur alpha, et ce même si cela implique le meurtre ou d’aller contre leurs sentiments. De façon secondaire, la famille de chasseurs, les Argent, fonctionne également comme une meute, dans la mesure où dans la saison 2 les membres de la famille suivent aveuglément ou presque les ordres de Gérard, le chef de famille, quand bien même ses ordres vont à l’encontre du code d’honneur de la famille.

Plus largement, la constitution d’une meute (pour un alpha) ou le fait de rejoindre une meute (pour un bêta) est une priorité pour les personnages de loups-garous. Ainsi, le premier acte de Peter après être devenu un alpha est de mordre quelqu’un au hasard (en l’occurrence, Scott). De même, dans la saison 3, trois loups-garous se mettent en quatre pour plaire à Scott, afin que ce dernier accepte de les inclure dans sa meute. L’impératif d’appartenir à une meute justifie d’ailleurs le fait que des loups suivent leur leader même lorsqu’il se révèle mauvais.

Que les personnages dépendent d’une meute ou pas, deux figures importantes se dégagent dans leur relation au monde surnaturel : le leader et le mentor. Or, l’initiation et l’encadrement des personnages dans le monde surnaturel est essentiellement le fait d’hommes. En effet, si dans la famille Argent les leaders traditionnels sont des femmes[9], dans les faits le preneur de décisions est un homme, et les femmes Argent ne sont jamais montrées en train de délibérer ou de donner des ordres. Plus largement, les positions de pouvoir dans la série sont occupées par des hommes : le proviseur, le shérif, la majorité des alphas… Les personnages masculins apparaissent donc comme les régulateurs du monde ordinaire et du monde surnaturel. Quant à la morsure, l’entrainement des loups-garous, ainsi que les conseils qu’ils reçoivent, ils sont principalement le fait d’hommes. A l’inverse, dans la famille Argent, si l’initiation au secret de la famille et la première chasse d’Alison se font sous l’égide d’une femme, ce sont des hommes qui vont parfaire son initiation.

Ainsi, et ce alors même que la famille Argent s’affiche comme « inversant les genres » en matière de prise de décision, le monde surnaturel est dirigé par des hommes, qu’il s’agisse de meute ou d’une famille (les Argent). Plus largement, ce sont les hommes qui détiennent les connaissances, et ce sont vers eux que les héros se tournent lorsqu’ils ont besoin de conseils ou d’informations concernant les créatures surnaturelles. Les connaissances des femmes sont mobilisées de façon plus ponctuelle, afin de sortir les personnages d’une situation épineuse. En effet, si Lydia ne brille pas par ses compétences physiques, ses connaissances ou ses intuitions interviennent de façon récurrente dans l’intrigue. Par exemple, elle confectionne des cocktails Molotov pour que les héros échappent à l’alpha qui les traque (1×06). De même, la mère de Scott se voit attribuer en raison de son double statut de femme adulte et de mère une connaissance des autres femmes et des adolescents qu’elle transmet à deux reprises aux hommes de sa famille. Ainsi, ce sont principalement des personnages masculins qui détiennent la connaissance du surnaturel, les femmes étant renvoyées en partie soit à « l’intuition féminine » soit à une connaissance relationnelle et émotionnelle (qui essentialise les femmes et les adolescents).

 

La morsure de loup-garou est donc perçue comme une « divine surprise » pour Scott et la plupart des personnages mordus : elle leur permet d’augmenter leurs capacités physiques, de guérir de maladies incurables et de sortir de leur position « d’oméga social » au profit d’une position « d’alpha social ». Cependant, la morsure n’est pas un remède miracle : outre qu’elle ne marche pas à tous les coups, elle ne permet pas d’augmentation des connaissances (d’où le besoin des personnages de s’en remettre à des mentors surnaturels) et surtout, elle va de pair avec une diminution relative de la capacité d’agir (perte de contrôle de soi à la Pleine Lune ou sous l’influence de l’alpha).

2. La tentation de la sauvagerie

Comme évoqué précédemment, les créatures surnaturelles courent le risque de voir leurs pulsions animales prendre le dessus sur leur humanité. Pourtant, dans le cas de plusieurs personnages, la sauvagerie semble se nicher au cœur même de leur humanité. Plus largement, cette animalité est incorporée par les personnages, et se reflète dans leur apparence physique. Cependant, dans la série, la tentation de la sauvagerie concerne peut-être moins les créatures surnaturelles que les humains ordinaires.

2.1 Etre une bête sauvage

Les créatures fantastiques sont présentées comme une menace pour les humains ordinaires dans la série, du fait de leur nature bestiale. En effet, les loups-garous (ou les coyotes-garous) ont du mal à contrôler leurs pulsions.

Les meurtres commis par les créatures surnaturelles sont nombreux : Peter tue neuf personnes, le kanima en tue cinq, le Darach douze, Malia deux… De même, les membres de la meute alpha ont tué l’ensemble de leurs meutes respectives, et les druides qui les conseillaient. Cependant, parmi tous les assassinats évoqués ci-dessus, seuls deux sont accidentels (ceux commis par Malia). Ainsi, la condition de loup-garou révélerait la sauvagerie qui se cache dans l’humanité de certains personnages, notamment Peter et Kali, une alpha de la meute éponyme. Elle semble prendre un certain plaisir à faire souffrir et à tuer, plantant par exemple une barre de métal dans le corps de Derek pour qu’il se tienne immobile (3×04), ou faisant s’empaler un loup-garou sur les griffes de Derek (contre sa volonté) (3×06). Cette sauvagerie associée aux loups-garous fait écho à celle plus généralement associée à la figure de l’Autre, afin de le marginaliser. En Occident, cet Autre peut être incarné par la populace[10], les tribus d’Amérique, d’Afrique ou d’Asie ou encore les personnes racialisées : « ramené à la figure de l’ »hybride », [le métis au Mexique est] renvoyé à l’excès, à la violence et à l’orgueil »[11].

Cependant, si hommes et femmes font preuve de sauvagerie, les femmes semblent faire preuve de davantage de cruauté que les hommes. En effet, si les personnages masculins tuent par calcul, les femmes semblent prendre plaisir au simple fait de faire souffrir autrui, indépendamment des objectifs poursuivis, comme dans le cas de Kali mais aussi de Kate Argent, comme nous y reviendrons ultérieurement. Plus largement, les femmes sont renvoyées à la nature à deux reprises dans la série, par des discours sexistes sur les menstrues : Peter déclare ainsi que si Lydia se transforme en loup-garou, elle deviendra folle et essayera de tuer autrui non une fois par mois (à la Pleine Lune) mais deux fois par mois (1×12) ; de même, alors que Derek explique à ses bêtas que sous l’effet de la Pleine Lune, ils auront envie de tuer tous ceux qu’ils croiseront, Erica commente « heureusement que j’ai eu mes règles la semaine dernière » (2×09). Visiblement, pour les scénaristes, les menstrues transforment les femmes en des bêtes déchainées.

Ainsi, les femmes semblent se caractériser par une hybris, un appétit de violence et un sadisme propres, révélés par l’affranchissement des normes ordinaires que représentent la transformation en loup-garou ou la chasse à ces derniers ; hybris inscrit dans leur nature du fait de la perte de contrôle d’elles-mêmes qu’elles subissent lors de leurs menstruations. Dans le cas des créatures surnaturelles, cette hybris va de pair avec l’usage de leurs griffes (celles de Kali sont sorties en permanence[12]), tandis que le personnage féminin mesuré, la kitsune, n’utilise pas ses capacités surnaturelles lors des combats, mais une arme : un katana.

2.2 Une bestialité inscrite dans le corps

Dans la série Teen Wolf, les personnages surnaturels sont fortement animalisés.

Les loups-garous sont fortement renvoyés à l’animal qui inspire leur mythologie. Ainsi, les attaques perpétrées par Peter dans la saison 1 sont qualifiées d’attaques de puma, et les poils trouvés sur les corps sont identifiés comme des poils de loups. Plus largement, les personnages obtiennent de nombreux attributs de ces animaux : des griffes, des crocs, des pupilles jaunes (rouges dans le cas des alphas, bleus lorsque le personnage est responsable d’au moins un meurtre d’innocent) qui apparaissent lorsqu’ils mobilisent leurs capacités physiques. De plus, dans leur façon de se déplacer, les loups-garous bondissent, sont parfois mis en scène en courant à quatre pattes. De même, leur style de combat se caractérise par une forme de sauvagerie : coups de griffes, violents coups de poings ou de pieds, projection de l’adversaire au sol ou contre un mur… Cette animalisation est d’autant plus forte pendant la Pleine Lune, puisque le visage des loups-garous est profondément transformé pendant cette période : des poils apparaissent sur leurs joues[13], leurs oreilles deviennent pointues, leurs arcades sourcilières se plissent.

Cette animalisation est montrée comme étant encore plus grande chez certains personnages féminins, puisque deux loups-garous femelles et Malia se transforment en animal. De même, Jackson est clairement renvoyé à l’animalité sous son apparence de kanima : il a une queue, des griffes, des crocs et des écailles, et son corps est celui d’un lézard à taille humaine, qui se déplace à quatre pattes et grimpe aux murs.

Enfin, l’animalisation peut laisser la place à la monstruosité, dans le cas de certains loups. Ainsi, sous leur forme d’alpha, Peter adopte une forme de loup humanoïde géant, Deucalion a une face noire différente de son visage ordinaire (sans qu’elle puisse être clairement rapprochée d’une face de loup), tout comme Kate qui sous sa forme de loup aborde un visage bleu foncé et vert. Ainsi, dans le cas de ces personnages, la monstruosité de leur âme se reflète dans la monstruosité de leurs apparences de loups. La sauvagerie des loups-garous peut également être marquée dans le corps de leurs victimes. Ainsi, une mercenaire humaine a de profondes marques de griffures sur le cou et une druidesse porte les stigmates de la tentative d’assassinat dont elle a été victime par un visage monstrueux, barré de cicatrices.

La bestialité des personnages surnaturels est donc incarnée, tant par des attributs physiques qui renvoient à l’animalité (crocs, griffes, pupilles jaunes, force physique, voire transformation en loup ou en coyote) que par une propension à la sauvagerie et à la violence dans le cas de certains personnages. Cependant, cette sauvagerie n’est pas seulement le fait des créatures surnaturelles.

2.3 Les sauvages ne sont pas ceux qu’on croit

Bien que les meurtres mis en scène dans l’intrigue soient commis par des créatures surnaturelles, les véritables responsables de la violence sont des humains, et plus particulièrement des humaines.

Ainsi, la famille Argent est présentée comme responsable d’une grande partie de l’appétit de violence des loups-garous représentés dans la série. Gérard, le chef de famille, est responsable de la vendetta menée par Deucalion (le chef de la meute alpha), après que le premier ait trahi le second. C’est suite à cette trahison que Deucalion a décidé de former sa meute d’alphas, en massacrant les membres de sa meute et demandant aux alphas qui désireraient le rejoindre d’en faire autant. De même, Kate est responsable de la folie meurtrière de Peter, en incendiant la maison remplie de membres de sa famille. Plus largement, bien loin de suivre son Code d’honneur, la famille Argent semble moins « chasser ceux qui nous chassent » (c’est-à-dire tuer les loups-garous et autres créatures surnaturelles responsables de meurtres) que tuer les loups-garous de façon indifférenciée (en témoigne le meurtre d’un oméga apparemment inoffensif par Gérard (2×01), qu’il commet devant de nombreux chasseurs sans qu’aucun d’eux n’interviennent).

Les femmes chasseuses, bien loin de ne pas déclencher des guerres contrairement aux hommes (comme l’affirme le père d’Alison lorsqu’il expose la « tradition moderniste » de la famille Argent), semblent même plus violentes que les hommes : Kate prend du plaisir à tuer des loups-garous ou à les attacher à un grillage électrifié, Alison dans les saisons 1 et 2 s’amuse à tirer des flèches sur des loups-garous traqués par sa famille. De même, la mère d’Alison tente de tuer Scott après avoir appris qu’il a des relations sexuelles avec sa fille. Ainsi, bien que l’entrainement à la chasse aux loups-garous soit présenté comme un empowerment qui vise à libérer les femmes de la situation de « demoiselle en détresse »[14], il se présente finalement comme une aliénation, en poussant Alison à une violence aveugle envers les créatures surnaturelles, résultat d’une manipulation de la part de Gérard (« Gérard a empoisonné l’esprit d’Alison, tout comme il l’avait fait avec Kate », 2×12). Cette représentation de Kate et Alison comme des femmes manipulées renvoie au stéréotype de la femme de pouvoir soumise à la volonté masculine[15]. De plus, la sauvagerie féminine est associée à une forme d’agressivité sexuelle. Par exemple, Kate réduit Derek au rang d’objet sexuel, en le provoquant lors d’un affrontement (« je ne sais pas si je dois le tuer ou le lécher », 1×05) ou en profitant du fait qu’il est entravé pour le lécher contre sa volonté (1×11).

La sauvagerie serait donc moins le fait d’une « nature bestiale » propre à des créatures surnaturelles animalisées que d’humains (et notamment des femmes, manipulées par un homme) animés par une hybris, qui les conduit à tuer des loups-garous de façon injuste, et qui déclenche une soif de vengeance et de meurtres chez ces derniers.

 

Ainsi, les créatures surnaturelles sont fortement renvoyées à l’animal, que ce soit dans leur apparence, leur hexis corporelle en combat ou dans les pulsions qui les animent. Cette animalisation peut même prendre la forme soit d’une transformation en animal dans le cas de certaines femmes ou d’une monstruosité dans le cas de certains alphas ou du kanima. Cependant, on peut souligner qu’à l’exception de Kali, l’apparence humaine des femmes sont moins animalisées que celle des hommes : les banshee et les kitsunes ne portent pas de stigmate visible de leur condition d’être surnaturel, les louves-garous sont très rarement représentées avec une face déformée par la transformation. De plus, la violence des femmes est fortement associée à la sexualité, reprenant le stéréotype de la « garce » : leur violence va de pair avec une sexualité agressive.

3. Genre, sexualité et Teen Wolf

Teen wolf se veut visiblement une série féministe, comme en témoignent les discours progressistes (par exemple sur la tradition de la famille Argent) et la mise en scène de personnages féminins « forts ». Cependant, comme souvent, les représentations plus traditionnelles de genre sous-tendent le scénario et les interactions entre les personnages. On peut cependant souligner la non-hétéronormativité que véhicule cette série, fait rare dans les séries américaines destinées aux adolescents.

3.1 Sous un vernis de progressisme, les stéréotypes de genre

Outre la tradition matriarcale de la famille Argent et la volonté d’Alison de ne plus être une demoiselle en détresse (1×09), plusieurs personnages tiennent des discours féministes, notamment dans la saison 1. Cependant, les représentations des personnages et les professions qu’ils exercent les renvoient à des rôles de genre traditionnels.

Dans Teen Wolf, l’égalité homme-femme et la remise en cause des stéréotypes de sexe est présentée comme pleinement légitime. Ainsi, Kate invective son frère en lui lançant « Chris, les droits de la femme, ça te dit quelque chose ? Alors viens m’aider à ranger les courses ! » (1×04). De même, la mère de Scott répond vertement à un professeur qui insinue que les mauvais résultats scolaires de Scott sont liés à l’absence de « figure d’autorité », c’est-à-dire de figure masculine : « je suis la figure d’autorité » (1×06). Enfin, Lydia déclare « Je ne veux pas de compliments, je ne serais pas la victime d’une société qui fait des filles de pauvres névrosées angoissées qui remontent leurs jupes à la première flatterie » (1×11).

De même, la notion de virilité est souvent tournée en dérision. Ainsi, pour réconforter Alison qui se reproche d’avoir paniqué après avoir renversé un chien, Scott déclare « j’aurais paniqué aussi. En fait, j’aurais pleuré, et pas comme un mec, c’est évident, plutôt comme une gamine de trois ans. » (1×01). De même, dans l’épisode 5, alors qu’elle conduit, Alison retient Scott du bras en effectuant un virage un peu serré. Elle s’excuse en déclarant qu’elle « vien[t] de réagir comme une vraie mère-poule », ce à quoi Scott lui répond « c’est pas grave, t’inquiètes, je retrouverai ma virilité sur le chemin du retour » (1×05).

Cependant, les hommes et les femmes sont renvoyés à des rôles de genre traditionnels. C’est particulièrement visible si on étudie les professions des parents des héros. Par exemple, la mère de Scott est infirmière, son père est agent du FBI. De même le père de Stiles est shérif et celui d’Alison vend des armes pour l’armée ; la psychologue scolaire est une femme et le proviseur est un homme. La femme soigne, l’homme représente l’autorité, l’ordre du genre est préservé.

De même, les femmes sont présentées comme plus émotives que les hommes. Ainsi, la première interaction entre Scott et Alison renvoie au stéréotype de la « demoiselle en détresse »[16] : Alison se rend à la clinique vétérinaire où Scott travaille, désemparée, parce qu’elle a renversé un chien. Scott la « sauve » alors en la réconfortant et en posant une attelle au chien. De même, Alison et Lydia sont présentées à trois reprises comme « débordantes d’émotions » et s’isolent pour pleurer ; tandis que Scott, lorsqu’il est confronté à des difficultés dans sa relation avec Alison, a plutôt tendance à briser des choses (des murs, des miroirs).

Malgré les discours progressistes, les stéréotypes de genre ont la vie dure, notamment en ce qui concerne l’assignation des femmes au domaine du soin et des hommes au rôle d’autorité ou de chef ; ou la plus grande émotivité supposée des femmes, ou le fait qu’elles seraient des personnes différentes lorsqu’elles ont leurs menstrues.

3.2 En termes de sexualité, les femmes mènent la danse

Si la sexualité est présentée sous un angle plutôt permissif et non-hétéronormé, on peut cependant relever que la série attribue aux hommes et aux femmes des rôles différents dans la sexualité hétérosexuelle, même s’il ne s’agit pas de rôles stéréotypés.

Ainsi, la sexualité est présentée comme une affaire de femmes (quoique partiellement contrôlée par les hommes). Ainsi, dans les relations hétérosexuelles, ce sont le plus souvent les femmes qui prennent l’initiative du rapport sexuel, là où les hommes hésitent et interrogent le consentement de leur partenaire. Ainsi, alors qu’Alison commence à prendre l’initiative d’un rapport sexuel, Scott interrompt le baiser et lui dit qu’il ne voudrait pas qu’elle se sente obligée de faire quoi que ce soit dont elle n’aurait pas envie (1×04). De plus, le passage à l’acte sexuel survient rapidement après le début de la relation, et sans qu’une emphase particulière ne soit mise sur cette interaction (là où les séries américaines pour adolescents théâtralisent souvent « la première fois » et le devoir de sentiment qui va avec), ni que les personnages féminins n’en soient stigmatisés.

Cependant, la sexualité féminine est également présentée comme une ressource qui sert à encourager ou à récompenser les hommes. Par exemple, Lydia embrasse Scott pour le remercier de les avoir sauvés lorsque l’alpha la retenait elle et d’autres amis de Scott dans le lycée (1×07). Les baisers servent également à distraire les hommes de leur angoisse : Alison embrasse Isaac alors qu’il s’apprête à conclure une transaction avec des mafieux.

De plus, les personnages masculins considèrent qu’ils ont légitimement un « droit de regard » sur la sexualité féminine. Ainsi, Scott manque d’attaquer Alison et Jackson parce qu’il croit qu’ils sont en train de s’embrasser (1×08). De même, alors qu’Erica embrasse Derek, il la repousse en déclarant « je te réserve pour quelqu’un d’autre » (2×04). Ajoutons que le corps féminin est présenté comme un spectacle pour le regard masculin, en témoigne les deux scènes de « male gaze » avec les personnages d’Erica après sa morsure puis de Jennifer (3×01) : leurs corps est présentés morceau par morceau, mettant en valeur leurs atouts physiques. Enfin, le scénario rend ambigu l’interprétation du passage à l’acte sexuel : est-il marqué comme une bonne ou une mauvaise chose ? En effet, deux personnages féminines sont tués juste avant leur premier rapport sexuel, car le Darach a besoin de victimes vierges pour son rituel. On peut donc considérer que c’est parce qu’elles ont préservé leur virginité qu’elles sont devenues des cibles, ou parce qu’elles s’apprêtaient à perdre leur « pureté » qu’elles ont été sacrifiées.

La série donne donc une vision contrastée de la sexualité féminine hétérosexuelle : s’il n’est pas stigmatisant pour les femmes de prendre l’initiative ou d’avoir des rapports sexuels avec des partenaires dont elles ne sont pas amoureuses, leur sexualité reste présentée comme un des rares moyens à leur disposition pour aider des personnages masculins à « faire leur devoir » ou pour les récompenser.

3.3 Une sexualité non-hétéronormée

On peut néanmoins mettre l’accent sur un des points extrêmement positifs de la série : les représentations qu’elle donne de l’homosexualité.

Ainsi, lorsque des couples sont mis en scène, ils ne sont pas systématiquement hétérosexuels. Par exemple, sur les deux couples qui s’apprêtent à avoir leur premier rapport sexuel au début de la saison 3, l’un d’eux est lesbien. De plus, les discours des personnages ne sont pas toujours hétéronormatifs, en témoigne les questions du coach à Stiles qui lui demande successivement s’il est attiré par une fille, ou par un garçon (1×02). Enfin, l’homosexualité masculine n’est pas présentée comme une menace pour la virilité des personnages masculins hétérosexuels. Ainsi, Scott est visiblement ravi de se voir offrir un verre de la part d’un autre homme (2×06).

Parmi les personnages secondaires, deux sont homosexuels. Ces deux personnages ne sont pas efféminés, ils sont présentés comme des sportifs, et ne subissent pas de discrimination du fait de leur orientation sexuelle. Par exemple, le goal de l’équipe de lacrosse est le meilleur ami du capitaine de l’équipe : le fait d’être un homosexuel dans une équipe de sport collectif ne semble pas conduire à un rejet ou une méfiance de la part de ses équipiers. On peut cependant regretter que ce personnage soit très souvent renvoyé à son orientation sexuelle (par exemple, Stiles le convint de pirater un téléphone pour lui en « exhibant » le torse de Derek, 1×09). Il apparait donc comme le « gay de service », là pour assurer la représentation à l’écran d’une orientation sexuelle non-hétérosexuelle.

Ainsi, Teen Wolf présente la particularité d’être peu hétéronormative (ou du moins, beaucoup moins que la plupart des séries américaines), en mettant en scène des personnages homosexuels masculins qui ne sont pas stéréotypés mais aussi en plaçant des couples homosexuels parmi les figurants. On peut cependant regretter que comme toujours, l’homosexualité ne soit le fait que de personnages secondaires, et que leur identité soit pour ainsi dire réduite à leur sexualité.

 

Ainsi, sous des discours féministes et des représentations de l’homosexualité progressistes, Teen Wolf reproduit des stéréotypes de genre, notamment en ce qui concerne les femmes (qu’il s’agisse de celui de la femme émotive, ou garce et manipulatrice, ou qui devient folle lorsqu’elle a ses menstruations). De plus, les représentations de la sexualité féminine données à voir dans la série perpétuent l’idée que les femmes « se  donnent » ou « s’offrent » aux hommes lorsqu’elles les embrassent, don qui aurait valeur d’encouragement ou de récompense du valeureux guerrier.

 

 

Dans Teen Wolf, la figure majeure de la série, celle du loup-garou, est une prérogative largement masculine, comme c’est le cas dans la majorité des séries fantastiques la mettant en scène : sept personnages féminins (contre douze masculins), dont la majorité sont présumés morts ou meurent au cours de la série. Ainsi, en dépit d’une représentation des femmes comme capables d’autant de violence (voire davantage) et d’aptitudes au combat que les hommes, ces dernières ne semblent pas considérées comme de « bons » loups-garous et le paient par leur éviction rapide hors de l’intrigue. De plus, les personnages féminins sont davantage associées à des espèces surnaturelles différentes, qui ne portent pas de stigmates visibles de leur condition d’êtres surnaturels et dont les compétences magiques n’interviennent pas lors des affrontements.

Certes, la série tente de subvertir les personnages-clichés qu’elle met en scène. Ainsi, est épargné au spectateur la figure de la petite amie qui est prise en otage par les opposants et qui a besoin d’être secourue par le héros : Alison n’est jamais présentée comme retenue par un des adversaires de Scott, et intervient ponctuellement dans les combats. De même, la cheffe des pompoms girls écervelée laisse place à Lydia, qui se révèle intelligente et cynique, caractéristiques plutôt codées comme masculines. Enfin, le personnage du capitaine de l’équipe imbu de lui-même et arrogant est nuancé, puisque Jackson est présenté comme un personnage fragilisé par sa condition d’enfant adopté. Cependant, si la série met en avant des « femmes fortes », capables de se défendre seules, elles ne semblent jamais utiliser ces compétences de manière autonome, puisqu’elles les mettent systématiquement au service d’un autre homme. Plus largement, les personnages interviennent essentiellement dans l’intrigue comme solidaires du projet d’un homme puissant. De même, si la figure de la « demoiselle en détresse » est relativement peu présente dans le scénario, les femmes semblent néanmoins avoir besoin des hommes pour comprendre ce qu’elles sont et maitriser leurs compétences surnaturelles. De façon symétrique, les sauveurs sont exclusivement des hommes, qu’il s’agisse de « sauver tout le monde », de donner les clefs de compréhension du monde surnaturel ou même de soigner. Notons cependant que les solutions aux péripéties auxquelles sont confrontés les personnages sont trouvées par différents personnages, hommes comme femmes.

D’une façon générale, si la série tente d’éviter les stéréotypes de genre et l’hétéronormativité, l’articulation de l’intrigue autour de personnages essentiellement masculins, qui en sont les moteurs, vient contrarier l’ambition apparente de la série d’éviter le sexisme.

Pour aller plus loin :
Lady Geek Girl (pour les anglophones)
Feminist at large (idem)
Forum du cinéma est politique

[1] Schell Heather, 2007, « The Big Dad Wolf : Masculinity and Genetics in Popular Culture », Literature and medicine, Vol. 26, n°1, p. 109-125

[2] C’est-à-dire des discours qui ne partent pas du principe que les personnages sont hétérosexuels, et qui ne considèrent pas l’hétérosexualité comme une sexualité plus légitime, naturelle ou normale qu’une autre.

[3] Un homme-lézard.

[4] Un démon renard japonais.

[5] Une créature qui entend des voix ou des sons, qui lui permettent de découvrir le lieu d’un meurtre ou là où des personnages sont retenus.

[6] Notons que le parallèle entre réussite sportive et sociale est présente dès le premier épisode dans la saison 1, dans un discours du coach qui met en parallèle le fait de jouer sur le terrain et accomplissement personnel (« vos parents vous aiment, votre petite amie vous adore », …, 1×01).

[7] Personnage le plus souvent féminin dans les séries fantastiques

[8] Puisqu’il était déjà un « alpha » social : issu d’une famille riche, capitaine de l’équipe de lacrosse, en couple avec la fille la plus populaire du lycée

[9] « Notre famille garde une tradition étonnamment moderniste. Nous savons que ce sont les hommes qui déclenchent les guerres, ils sont parfois violents. Aussi nous confions les décisions finales aux femmes. » (Chris, 2×03). De même, la famille Argent sera qualifiée dans la saison 3 de « matriarcale ».

[10] Barrows Suzanna, Miroirs déformants. Réflexions sur la foule en France à la fin du XIXème siècle, Paris, Aubier, 1990

[11] Machillot Didier, 2007, Le « macho » entre race, classe, nationalisme et genre. Une archéologie de la masculinité mexicaine (1519-1934), Poitiers, mémoire de sociologie, université de Poitiers

[12] C’est d’ailleurs à cela que Kali est identifiée visuellement : pour signaler que c’est le personnage qui est à l’écran, la caméra fait un zoom sur ses pieds nus en permanence et aux ongles noirs taillés en pointe.

[13] Et ce pour les hommes comme pour les femmes, ce qui est assez rare dans les séries fantastiques : les femmes sont généralement moins animalisées que les hommes, et leur visage porte plus rarement la marque de leur condition d’être surnaturel, à part en ce qui concerne les yeux. On peut cependant souligne que dans Teen Wolf, cette forte animalisation des personnages féminins est doublement réduite puisque seuls deux personnages féminins sont donnés à voir avec leur face de loup-garou, et pendant une période relativement courte. En effet, s’il arrive à Scott ou Derek de présenter cette face (joues ornées de poils, arcade sourcilière plissée) en dehors de la Pleine Lune, lors des combats, ce n’est jamais le cas des personnages féminins.

[14] Alison : « Je ne veux pas avoir peur. L’autre nuit, quand j’étais au lycée [traquée par l’alpha avec Scott, Stiles, Lydia et Jackson], je me suis sentie tellement faible. Comme si j’attendais désespérément que quelqu’un vienne à mon secours. Je déteste ce sentiment. Je veux me sentir plus forte que ça. Je veux me sentir puissante. »
Kate : « Je peux te donner exactement ce que tu veux. » (1×09)

[15] Krakovitch Odile, Sellier Geneviève, Viennot Eliane, 2001, Femmes de pouvoir : mythes et réalités, L’Harmattan (coll. « Bibliothèque du féminisme »)
Méchants et méchantes chez Disney (I) : femmes fortes

[16] Notons cependant que dans la suite de la série, ce stéréotype est beaucoup moins présent, et que les personnages à secourir, parce qu’ils sont retenus contre leur gré ou par la menace, sont aussi bien des hommes que des femmes.

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