Discuter avec des hommes féministes

Certains défendent l’idée qu’un homme ne peut pas être féministe. Il a le droit d’être pro-féministe, se définir comme allié du féminisme, mais il n’a pas le droit de faire partie du club. Il n’a pas le droit d’aborder le badge avec marqué « féministe » dessus. Je ne partage pas cette conviction. Je crois que si on définit le féminisme comme la croyance selon laquelle les hommes et les femmes doivent être égaux (de même que les différentes orientations et préférences sexuelles), il n’y a pas de raison valable de refuser cette étiquette à un homme.

Cela dit, je trouve difficile de discuter avec des hommes prêts à adhérer aux luttes féministes (ou à certaines d’entre elles), mais pas à la doxa qui va avec. Des hommes qui trouvent les féministes misandres parce qu’elles parlent « des hommes » comme une classe homogène (d’oppresseurs et de violeurs en plus), qui trouvent qu’elles ne se préoccupent pas assez des problèmes d’injonction à la virilité qui pèsent sur les hommes[1], qui défendent le terme « friendzone »[2]. C’est difficile pour moi d’accepter la contradiction, de discuter de féminisme avec quelqu’un pas fermé à ce discours a priori, mais qui n’est pas prêt à adhérer sans réserve aux rhétoriques féministes. Et je le regrette. C’est difficile de ne pas mobiliser les contre-arguments tranchants établis pour faire taire les arguments traditionnellement opposés aux articles féministes (tels que, dans le cas des articles sur le viol : tous les hommes ne sont pas comme ça, oui mais moi je suis un mec bien, les hommes aussi se font violer[3]).

Et c’est difficile aussi de discuter aussi lorsque la conversation achoppe sur un point particulier, en général c’est qu’on vient de toucher un point sensible, un souvenir ou des expériences encore palpitantes. Je me souviens d’une fois où j’essayais d’expliquer à un homme « non, tu ne peux pas comprendre ce que c’est d’être une femme dans l’espace public »[4] ou quelque chose comme ça. Et là, il m’a répondu « si, je peux » et il m’a fait comprendre à demi-mots que pendant sa scolarité, on lui a fait payer son « défaut de virilité ». Sur le moment, je me suis dit « ce n’est quand même pas la même chose ». Mais qu’est-ce que j’en sais ? De toute évidence, je n’ai jamais été dans ses baskets, je n’ai aucune idée des souffrances qu’il a pu ressentir. Je n’ai pas le droit de dire « tes souffrances sont moindres que les miennes, ton expérience a moins de valeur que la mienne ». De toute façon, on n’est pas là pour distribuer le prix de la personne la plus malheureuse.

Mais comme je l’écrivais plus haut, ça rend aussi la discussion difficile. On ne peut pas lutter rationnellement contre les émotions. On ne peut pas disqualifier les émotions avec des mots. J’ai en tête un débat passionné sur le terme « friendzone »[5]. En bonne féministe acculturée, j’ai tendance à penser que ce terme est employé le plus souvent par des hommes pour blâmer les femmes : de refuser d’envisager les garçons « gentils » comme des partenaires sexuels et/ou romantiques, de profiter des garçons à qui elles plaisent. J’ai tendance à penser qu’il est sous-tendu par la croyance sexiste et inquiétante que la gentillesse d’un garçon envers une fille devrait être récompensée par des relations sexuelles et/ou des sentiments amoureux. J’ai tendance à penser que peut-être il contribue à promouvoir l’idée que l’amitié homme/femme (entre hétéros) est une illusion, puisqu’il y a forcément des enjeux de séduction au sein des relations hétérosociales[6], que les femmes ne doivent être envisagées par les hommes que comme des objectifs sexuels/amoureux (voire des récompenses) ; qu’un homme qui se fait « friendzoné », c’est un homme qui a échoué son test de virilité[7]. Ainsi, à l’inverse, le terme « friendzone » pourrait contribuer à faire peser une responsabilité exorbitante sur les hommes : celui d’endosser la séduction comme un travail, qui pèse exclusivement sur eux, et donc faisant peser l’absence de relation sexuelle ou amoureuse d’un homme avec une femme comme un échec du premier (un travail miroir que celui que devrait effectuer la femme dans le cadre du couple[8]). Et présente les femmes comme interchangeables : il suffit d’appuyer sur les bons boutons pour les faire tomber (du moins dans le cadre de la Communauté de la séduction).Bref, pas mal d’idées assez sexistes et nauséabondes peuvent être raccrochées à cette expression.

A l’opposé du ring, un homme. Il défend l’idée que ce terme n’est pas intrinsèquement mauvais et sexiste, mais surtout qu’il est utile puisqu’il permet de mettre un mot sur un mal-être qu’ont pu ressentir certaines personnes, qui souffrent d’une relation asymétrique. Que les hommes qui sont passés par là ont le droit d’exprimer leurs ressentis et de partager leurs frustrations, avec l’expression qui convient.

Que répondre à cela ? A titre personnel, je reste relativement convaincue par l’idée de le terme « friendzone » est sexiste, du moins qu’il est employé dans la majorité des cas dans une perspective sexiste. Mais je ne peux pas nier qu’il peut être utilisé dans un sens non-sexiste ; ou que le vrai problème ce n’est pas le mot mais les représentations des relations homme/femme qu’il véhicule lorsqu’il est employé comme sexiste. Et je ne suis pas sûre qu’il soit très productif d’argumenter pendant des heures autour de l’idée « il renvoie peut-être à ton expérience, mais il est quand même sexiste ».

Revenons-en à la question des hommes féministes. Evidemment qu’il faut convertir les hommes (et les femmes) au féminisme. Pour un certain nombre de raisons, arithmétiques (plus on est de fous, plus on rit) et logiques (l’injonction à la féminité a pour pendant l’injonction à la virilité). Mais quelle place donner aux revendications masculines, à la lutte contre les coûts de la masculinité[9] et l’injonction à la virilité ? Ne risque-t-on pas de voir les chevaux de bataille du féminisme concernant les inégalités et les discriminations que subissent les femmes passer au second plan, par rapport aux problématiques masculines, alors que rendre visibles les premières est justement un enjeu du féminisme ? D’un autre côté, ne doit-on pas lutter contre les discriminations sexistes dans leur ensemble, indépendamment du genre de la personne qui les subit ?

Ce problème de hiérarchie des luttes me renvoie à ce qui me semble être actuellement un paradoxe du féminisme. D’un côté, on défend les droits des femmes, pensées comme un groupe, et parfois construit en opposition avec le groupe des hommes (dans le cas des violences sexo-spécifiques par exemple), parfois présenté comme oppressé ou contraint par la Société. Mais d’un autre côté, l’émergence de la pensée intersectionnelle[10] d’une part et de la pensée queer[11] d’autre part contribuent à détricoter l’homogénéité de la catégorie « femme » et de la catégorie « homme ».

En guise de conclusion, je voudrais évoquer la remarque que m’a faite l’homme du débat sur le terme « friendzone ». Selon lui, les hommes qui sont séduits par les discours type « Communauté de la séduction » (pas les « coachs » ou les « pick up artists », mais ceux qui lisent les articles ou les posts des forums) pourraient être des alliés du féminisme : ce sont des personnes victimes de leurs difficultés à se conformer aux injonctions à la virilité. Si le fait d’adhérer à ces discours sexistes (ceux de la Communauté de la séduction) destinés à manipuler les femmes voire à autoriser le viol est évidemment plus que problématique, je ne peux pas m’empêcher d’émettre l’hypothèse qu’on peut y voir une situation miroir entre les compromis que les femmes peuvent être amenées à faire avec les injonctions qui pèsent sur elles (par exemple, accepter de se livrer à un travail contraignant de l’apparence parce que le coût en termes de stigmatisation est trop élevé si une femme le néglige, voire parce que cette conformation aux standards féminins peut être source de bénéfices) et le fait qu’un homme puisse être séduit par les discours de la Communauté de la séduction parce qu’il souffre d’être stigmatisé parce qu’il ne parvient pas à nouer des relations hétérosexuelles. Un tel homme serait juste une personne qui tenterait de tirer son épingle du jeu (réussir à nouer des relations hétérosexuelles) avec un nombre limité d’options disponibles.

Faire une telle hypothèse, c’est peut-être aller trop loin, mettre sur le même plan des situations très différentes. Mais d’un autre côté, comment aborder l’étiquette « féministe » sans accepter de prendre au sérieux les souffrances et les discriminations dont on n’a pas soi-même fait l’expérience ?


 

Hommes et féminisme :

Pearltrees Hommes féministes
Madmoizelle
Un homme féministe
Des hommes féministes
Les hommes qui voudraient s’intéresser au féminisme
Réponse à l’article précédent
Les luttes féministes peuvent-elles se passer des hommes ?
Hommes et féminisme (version 2)
Ne me libérez pas, je m’en charge !
La place des hommes dans le féminisme contemporain
La question de la non-mixité
A propos des injonctions pesant sur les hommes et les femmes en termes de travail de l’apparence
Admettre ses privilèges (vaut aussi pour les personnes blanches, hétéros, cisgenre, valides…)
Pourquoi les hommes devraient être féministes

Hommes féministes :

Moi, ça va
Etre féministe avec une bite
L’émancipation des femmes se fera avec et non contre les hommes
Féministes et hommes engagés, sortir de l’androcentrisme et développer l’empathie
Rencontre entre hommes au sujet de la masculinité
Léo Thiers-Vidal
Des hommes féministes, c’est possible ?

Le problème de la virilité :

Tu seras fort mon fils
Détruire la virilité
Homophobie, sexisme et délit de féminité
Qu’est-ce que le privilège masculin ?
Virilité et violence
Une oppression équivalente ?

 

[1] Sois un homme
La fabrique des garçons
Le consentement masculin
Penser le masculin dans une perspective féministe

[2] J’en profite pour préciser que dans cet article, je vais me placer dans une perspective hétérosexiste, c’est-à-dire que je vais partir du principe que les individus sont hétérosexuels ; non pas parce que d’autres orientations sexuelles n’existent pas, mais parce que ces dernières supposent des problématiques différentes que celles qui sont traitées dans cet article.

[3] Les questions autour du viol

[4] Pour rappel, concernant le harcèlement de rue :
La rue, fief des mâles
La main au cul
Le monde
Les questions composent
Mademoizelle
Le plus du Nouvel Obs
Le silence de l’agression
Agression sexuelle dans les lieux publics
Je ne suis pas charmante
Genre ! : témoignage
Des hommes harcelés dans la rue

[5] Madmoizelle
Commando Culotte
Les questions composent
Être gentil, ça rapporte pas de cookies (mais ça ne fait rien)

[6] C’est-à-dire les relations entre hommes et femmes, indépendamment de la nature de ces relations.

[7] Car être un homme, c’est enchainer les conquêtes féminines, ou a minima parvenir à séduire les femmes qui lui plaisent.

[8] Relations de couple entre aliens : le nouveau travail féminin dans l’entreprise-couple

[9] Identité masculine
Boys don’t cry : recension 1 et 2

[10] L’approche intersectionnelle
Une question de point de vue

[11] Wikipédia
Introduction au mouvement queer

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11 Commentaires

  1. Tilleul

    Bonjour, merci pour cette article très pertinent. J’aime bien votre vision de la problématique en miroir, j’estime en effet que les problématiques se rejoignent n’étant finalement que les deux facettes d’une même pièce. (Les normes imposées aux hommes et aux femmes)

    Et pour ce qui est de comprendre, vous faite bien de remettre en question cette idée reçue qui estime qu’une personne doit vivre une chose pour pouvoir en discuter.

    Par exemple, je doute que beaucoup de thérapeutes traitant des agressions sexuelles sur mineurs en aient subit durant leur enfance, cela ne les empêche pas de faire preuve d’empathie et de comprendre et d’analyser la situation. Et parfois, le fait de l’avoir vécu soi-même et d’avoir une charge émotionnelle lourde peut entraver une prise de recul suffisante, ce n’est pas nécessairement une plus value.

    Je n’ai jamais entendu parler du terme « friendzone » (je précise que j’habite en Belgique et que je suis pas mal de média francophones et anglophones)

    Est ce propre à une certaine région ou à certains sites , comme les « communautés de séductions » que vous évoquez ?
    (A ce propos si vous aimez l’humour noir et le mauvais genre, je vous conseille ceci http://odieuxconnard.wordpress.com/tag/seduction/)

    • Bonjour, merci pour le commentaire. Effectivement, je pense que la clef finalement, c’est l’empathie (compétence marquée comme féminine dans les représentations :)).

      En ce qui concerne le terme « friendzone », c’est un terme qui faisait partie de mon vocabulaire (je ne sais pas si je l’ai déjà employé, mais je l’avais déjà entendu avant de lire des articles féministes sur le sujet) donc je ne crois pas qu’il soit circonscrit à un milieu particulier (ou aux sites type « Communauté de la séduction). Cependant, peut-être est-il effectivement plus usité en France ou en région parisienne qu’en Belgique ? Je n’ai pas d’élément pour répondre à votre question, désolée. Si j’en crois l’homme qui débattait sur ce terme, « historiquement, le terme vient des dashboards américains, majoritairement composés de mecs célibataires. ». Il est, pour autant que je sache, mobilisé dans des mèmes sur 9gag.

  2. Smidge

    Dans tous les cas, les injonctions à la virilité pour les hommes est quand même très majoritairement moins contraignante et limitative que les « injonctions à la féminité ». Je ne dis pas qu’on ne peut pas être homme et en souffrir, mais même dans ce cas, bien plus de portes restent ouvertes que si l’on était une femme.
    Ca ne change en rien que le féminisme doive lutter contre ces pressions sociales, qu’elles aillent à l’encontre des hommes ou des femmes, mais il ne faut quand même pas se leurrer sur les bâtons que ça pose dans les roues de la vie…

  3. Tilleul

    Je suis joie, des commentaires dénués de toute animosité et constructifs. Merci 😉

    Pour moi, il n’est pas utile de mettre en concurrence « les portes fermées en tant que femme » et l’injonction de virilité.
    Les deux problèmes sont liés. (dans le sens ou des comportements normés virils peuvent être tout à fait sexistes et portant préjudice aux femmes )

    Il faut faire attention à la tentation de vouloir se concentrer sur la majorité, car on occulte ce faisant les minorités et des situations extrêmes.

    Par exemple, un de mes amis qui se travesti à beaucoup plus d’injonction à être « un homme un vrai » qu’une femme décidant de s’habiller « comme un homme »

    Autant vous dire que les pressions sociales et les bâtons posé dans sa vie sont énormes. (Sauf quand il reprend son apparence normée d’ homme par pression sociale)

    Combattre contre ces pressions revient finalement à combattre contre les pressions faites sur les femmes en général et questionne sur la liaison entre le sexe biologique et le genre que l’on choisit (ou pas) de se parer.

  4. Je ne vois pas trop l’intérêt de l’incipit, qui renvoie sur un « parce que » toutes les personnes (dont je suis, merci pour le lien mais pas pour l’argumentaire) qui se sont fatiguées à argumenter sur ce sujet, à faire apparaître les différences de vécu et d’intérêt qu’ont femmes et hommes sur les questions de genre, L. Thiers-Vidal au premier chef. Le tout agréant Tilleul, participant dont j’ai déjà noté le relativisme, voire l’anti-féminisme, sur un autre forum.
    Et la friendzone en concept dropping, c’est assez problématique pour l’inclusivité (note : j’ai vécu aux USA ou j’ai été bénévole dans un centre communautaire féministe et je parle mieux anglais que ma mamie, pourtant je n’étais jamais tombée dessus – et la géographie me semble ici un critère peu pertinent par rapport à la communauté d’intérêts) et ensuite pour le fait que l’histoire et les usages du mot ne sont pas interrogés avant les commentaires. Dommage, parce que ça a l’air d’une création linguistique androcentrée et sexiste…
    Bref, en intro, il y avait mieux à faire !

  5. Lionel

    Bonjour à tout le monde. Permettez-moi de mettre mon grain de sel dans votre conversation, mais j’ai ressenti le besoin de vous faire part de mon témoignage, afin de vous donner quelques éléments complémentaires. En ce qui concerne la « friend zone », cette expression anglo-saxonne semble récente. Je ne l’ai pour ma part découverte il y a seulement trois ou quatre ans, lors d’un surf internet, ne pouvant accéder au web que depuis relativement peu d’années. Par contre, l’idée selon laquelle, être très ami avec une Femme, constitue le meilleur moyen pour être à jamais privé de la moindre chance de pouvoir un jour la connaître de manière plus intime, est beaucoup plus ancien. Des témoignages en parlaient déjà à l’époque de mes grands parents, soit bien avant la dernière guerre mondiale.

    J’ai moi-même constaté qu’il y a des hommes qui ont plus ou moins de succès auprès des Dames, et dans des proportions très variables. Si la plupart des hommes arrivent à rencontrer quelques Femmes au cours de leur vie, certains rarissimes don Juans collectionnent les aventures, et beaucoup d’autres messieurs ne trouvent jamais rien, pendant des années, voire des décennies, collectionnant les râteaux au point de pouvoir ouvrir une succursale de Leroy-Merlin ou Castorama.

    Sans pour autant remonter au cours d’amour du moyen-âge ou une carte du tendre à peine moins ancienne, force est de constater que la littérature contemporaine est beaucoup plus pauvre, en ce qui concerne la description et les leçons concernant les relations amoureuses. Beaucoup d’hommes se trouvent de ce fait très désemparés au moment de commencer leur vie sentimentale, seuls les plus fins observateurs, meilleurs psychologues, possédant un sens inné des relations humaines, ou une sensibilité d’un niveau presque parapsychologique, peuvent découvrir l’infinie subtilité régissant les relations contemporaines, ressentir, plus que voir l’imperceptible dialogue corporel non verbal, déterminer à la fraction de seconde les bons mots et comportements adaptés, faire la synthèse de tout cela et en déduire un enseignement, qui les rendront plus attirants pour beaucoup de Dames.

    Étant du camp des loosers crasses et autres Jean-Claude Dusse, je me suis tout d’abord dit que si je ne plaisais pas malgré tous mes efforts, c’est que ma bobine ne revenait pas aux premières personnes que l’ai draguées. Au bout de quelques années et centaines de râteaux, et ayant épuisé toutes les excuses qui pourraient expliquer les refus qu’on m’a opposé (je ne lui plais pas, elle a déjà quelqu’un, etc.), j’en ai parlé à des copains (et aussi parfois à leurs copines), dont la vie sentimentale épanouie et bien remplie, ont pu me laisser penser qu’ils puissent être de bon conseils.

    Ce qui revenait régulièrement, depuis ces dernière décennies, était souvent du même acabit, et peu se résumer en quelques mots : « Si tu ne plais pas à une femme, quelque soit ton comportement, tu n’aura rien d’elle, mais elle peut toutefois t’accepter comme ami, dans le sens ou tu ne l’attires pas sexuellement, mais où tu peux quand même avoir pas mal de points communs, dans d’autres domaines. Par contre, il est très étonnant que tu n’aie pas eu la moindre occasion, depuis toutes ces années. Il y a sûrement eu des Dames, à un moment ou un autre, qui se sont intéressées à toi ».

    Malheureusement, dans notre société encore trop machiste, une Femme qui drague est mal vue (à moins que ce soit un des rarissimes Femmes libres qui vit comme elle l’entend, envoyant promener ces étouffantes conventions, ou bien alors peut-être une désespérée digne de la cour des miracles, qui n’a plus rien à perdre). Alors Les Dames ne draguent pas, ou font remarquer leur intérêt avec une telle discrétion (du style regard furtif d’une fraction de seconde, à vingt mètres de distance, pendant qu’on regarde ailleurs et nous tire une figure de carême, aimable comme une porte de prison, tout le reste du temps) , qu’il faudrait des capacités extra sensorielles de lecture de pensées, pour pouvoir s’en rendre compte. Et encore, une fois abordée (et à la miraculeuse condition qu’elle ne nous ait pas éconduit), la Dame ne consent à accorder ses faveurs qu’à la suite d’une cour qui tient du parcours du combattant, d’une audition à la Royal Shakespeare Company et de l’oral du concours d’entrée à Polytechnique (de peur sans doute de passer pour une fille facile), le tout, évidemment, sans la moindre formation préalable.

    Alors, on peut comprendre que les moins doués pour les relations humaines (qu’on les appelle vulgairement « drague », jargon « technique de séduction » chez les PUA ou bien « relation de séduction », en version plus délicate et respectueuse), se tournent vers les coachs ou autres gourous spécialisés, qui semblent représenter la seule source de formation disponible.

    Quant à la phrase « …qu’un homme puisse être séduit par les discours de la Communauté de la séduction parce qu’il souffre d’être stigmatisé parce qu’il ne parvient pas à nouer des relations hétérosexuelles », elle m’interpelle : Non, les hommes dans mon cas et moi-même, nous ne pas voulons de relations hétérosexuelles, rien que pour ne pas être stigmatisés de ne pas y arriver, mais simplement parce qu’on a envie / besoin de vivre ces relations, en nous moquant totalement de l’opinion publique.

    D’ailleurs, la délicatesse la plus élémentaire commande à la plus absolue discrétion, concernant les relations intimes. Tous les hommes que je connais et qui ont des aventures ne s’en vantent jamais. La seule indication de leur vie amoureuse est que parfois, certaines connaissances les croisent en compagnie de Dames, lors d’activités culturelles en ville, ou plus épisodiquement, lors de soirées entre amis.

    « Un tel homme serait juste une personne qui tenterait de tirer son épingle du jeu avec un nombre limité d’options disponibles ». Pas bien compris. Mais de toutes façons, si tenter de mettre en pratique les techniques des PUA, représente une limitation (laquelle ?), dans le nombre d’options (la quantité de rencontres possibles ?), ça vaut mieux que pas de rencontres du tout, non ?

    • Bonjour Lionel. Je rebondis seulement sur la fin de votre commentaire.
      De toute évidence, la formulation « Un tel homme serait juste une personne qui tenterait de tirer son épingle du jeu avec un nombre limité d’options disponibles » n’est pas claire. Je reformule : Un homme qui choisit de recouvrir aux techniques de la communauté de la séduction tenterait de faire ce qui est le plus souhaitable pour lui, sachant que les possibilités qui s’offrent à lui en ce qui concerne les rencontres hétérosexuelles et leur déroulement sont limitées. C’est mieux ?

  6. Monsieur Le Chat

    Bonjour AZLYGHT,

    Je dois tout d’abord te remercier pour ton article. J’ai été très heureux de le lire car il est le premier que je lis à parler de féminisme et d’hommes à poser autant de questions et à réellement s’ouvrir à une discussion avec des hommes conscient des problématiques sexistes. Oui le premier ! Et pourtant j’en ai lu un grand nombre rien que cette semaine. Aussi je me permet de te tutoyer, non pas par manque de respect mais par ce que personnellement je préfère le « tu » au « vous » pour m’adresser à quelqu’un, j’espère vraiment ne pas te vexer.

    Je présenterai mon commentaire un peu comme un question-réponse en fonction de ce que j’ai lu dans ton article, ce sont juste des morceaux auxquels j’aimerai répondre car ils m’évoquent quelque chose (une lecture, une expérience personnelle, etc) et non pas que je les considère plus importantes que le reste.

    J’aimerai commencer par ceci : « Je crois que si on définit le féminisme comme la croyance selon laquelle les hommes et les femmes doivent être égaux (de même que les différentes orientations et préférences sexuelles) », ce n’est malheureusement pas le cas de beaucoup de mouvements féministes qui présentent le féminisme avec cette définition : « le féminisme milite pour l’amélioration et l’extension du rôle des femmes dans la société. ». Partant de là on comprends mieux pourquoi on rencontre tant le refus d’associé des hommes au féminisme, en effet
    et cette définition ne prends en compte que les actes sexistes perpétrés contre les femmes et place donc le féminisme comme un mouvement « pour les femmes » ou plutôt pour « la position des femmes dans la société » et pas comme un mouvement pour « l’égalité des sexes ». Cette définition ne laisse donc pas de place aux hommes qui s’intéressent au féminisme puisqu’ils ne font pas partit du groupe à défendre (ou dominé), il ne peuvent donc ni le comprendre ni le défendre, ils ne peuvent qu’être de simple « supporters ». C’est à ce moment qu’on retrouve un peu partout cet argument « compatir n’est pas pâtir » pour clore toute discussion ou un homme donne sont avis sur le sujet ou pour justifié le refus d’intégrer des hommes au féminisme.

    « C’est difficile pour moi d’accepter la contradiction, de discuter de féminisme avec quelqu’un pas fermé à ce discours a priori, mais qui n’est pas prêt à adhérer sans réserve aux rhétoriques féministes » à ça j’aimerai répondre quelque chose de tout bête : « ce n’est pas par ce qu’on est d’accord avec le fond qu’on ne peut pas être en désaccord avec la forme ». Par exemple il y a peu je lisais un autre article féministe qui disait, en gros (j’aimerai pouvoir citer ma source mais je n’ai pas trouvé comment ajouter un lien) « quand on est un homme, même féministe, on est forcément un oppresseur qu’on le veuille ou non » ce genre de chose me pose vraiment problème c’est le même genre de logique fumeuse que de dire « par ce que vous êtes juif vous aimez l’argent », « par ce que vous êtes musulman vous posez des bombes ». Et tout le monde « du côté » des femmes trouvait ça normal, voilà ce qui me pose problème. Je suis désolé de dire ça mais considérer quelqu’un tout d’abord par son sexe plutôt que comme un individu c’est sexiste, de même que considérer quelqu’un par sa couleur de peau avant tout est raciste. Il y a des tas de petits détails de ce genre qui me font grincé des dents lors de mes lectures. Quand je lit cette partit de l’article j’ai l’impression que le féminisme est un sujet avec lequel il faut être à 100 % en accord pour être digne d’être considéré féministe, l’échange de point de vu est il si problématique pour les féministe surtout quand la critique vient d’un homme ? S’il te plaît corrige moi si je suis côté de la plaque et que je n’ai rien compris à cet partit là, mais pour moi elle ressemble beaucoup aux logiques que tu critique dans ton premier paragraphe sur le « pro-féminisme ».

    Au sujet de la « friendzone » : je suis ici totalement d’accord avec toi sur le sujet il est majoritairement, si ce n’est pas aujourd’hui uniquement, utilisé de manière sexiste. Pourtant il doit bien avoir une origine ce mot ? Ne désigne il pas « le syndrome » du « bon copain » ou de la « bonne copine », oui celui ou celle qui malgré ses effort est toujours célibataire mais qu’on présentera toujours comme « un pote en or » sur qui on peut toujours avoir confiance et pas en disant quelque chose comme « tu sais  »machin » lui/elle aussi est célibataire tu devrai lui parler je suis sur que vous vous entendrez bien ».

    «  »ce n’est quand même pas la même chose » », «  »tes souffrances sont moindres que les miennes, ton expérience a moins de valeur que la mienne » », « De toute façon, on n’est pas là pour distribuer le prix de la personne la plus malheureuse », « Ne risque-t-on pas de voir les chevaux de bataille du féminisme concernant les inégalités et les discriminations que subissent les femmes passer au second plan, par rapport aux problématiques masculines, alors que rendre visibles les premières est justement un enjeu du féminisme ? », « Mais d’un autre côté, comment aborder l’étiquette « féministe » sans accepter de prendre au sérieux les souffrances et les discriminations dont on n’a pas soi-même fait l’expérience ? ». Voilà tout un tas de citation un peu long mais j’aimerai y réagir en bloc car pour moi elle mènent toutes à une question que je me pose « le féminisme est il réellement un mouvement anti-sexiste (quel que soit l’origine de l’acte sexiste) ? Ou n’est il qu’un mouvement réservé à la lutte contre le sexisme envers les femmes ? » et pour moi une réponse à cette question répondrai aussi à cette autre question « les hommes ont ils une place dans le féminisme ». Dans mes divers lecture j’ai été confronté à beaucoup de point de vu féministe des plus « laxistes » au plus « radicaux », certain répondant que les souffrances des hommes n’existaient pas ou qu’elle n’étaient que le juste retour de bâton, d’autre répondant que la lutte contre les souffrance féminines serai la seule vrai lutte et que celle-ci est réservée aux femmes ( »car elles seules peuvent comprendre ») et que c’est aux hommes de se préoccupé de leurs propres souffrances, d’autre encore disant que l’on s’attaquera aux souffrances des hommes le jour ou celles des femmes seront réduites à néant. Si je puis expérimenter ainsi c’est là un bien beau merdier, et les question posés ici dans cette article en sont la plus simple représentation. Si le féminisme est effectivement un combat contre le sexisme et pour l’égalité des sexes pourquoi alors considérer qu’on combat est plus important ou que l’un est susceptible d’escamoté l’autre ? Pourquoi ne pas plutôt classer les attaques sexiste (le viol, la violence conjugale, le harcèlement, …) affin de pouvoir les traités de manière asexuée ?

    Que de question ici encore sans réponse, je ne peux moi même pas y donner de réponse malheureusement.

    Merci de m’avoir lu, en espérant que mon message ne paraisse pas trop violent mais tout ceci me tient à cœur et me paraît trop souvent oublié. Aussi je reste ouvert à tout à tout débat sur le sujet qui pourrai m’éclairer un peu plus.

    • Merci pour ce long commentaire, que je n’ai pas trouvé violent du tout, au contraire 🙂

      Je réagis juste au paragraphe à propos de la citation « C’est difficile pour moi d’accepter la contradiction, de discuter de féminisme avec quelqu’un pas fermé à ce discours a priori, mais qui n’est pas prêt à adhérer sans réserve aux rhétoriques féministes ». Tu écris « Quand je lit cette partit de l’article j’ai l’impression que le féminisme est un sujet avec lequel il faut être à 100 % en accord pour être digne d’être considéré féministe ». Justement, c’est une tendance à laquelle je cède malgré moi mais ce n’est absolument pas quelque chose que je défends ou que je valorise, au contraire, je tente d’y dénoncer mes propres limites, celle de ne pas être aussi prête à la discussion que je le voudrais. J’espère que c’est plus clair avec cet éclaircissement.

      Pour le reste, je suis d’accord dans l’ensemble avec ce que tu as écrit. J’ajouterais que pour l’avant-avant-dernier paragraphe, ces questions font écho à celles que je me pose.

  7. Chabian

    J’ai eu une réaction en lisant le début de l’article. J’ai lu la suite mais sans me sentir davantage concerné par le reste de la discussion, sorry.
    Sur l’homme et le féminisme, vous n’abordez pas la discussion de « déconstruire la virilité ». Il me parait qu’il faut partir de cela : la société est organisée comme un système de domination masculine (dans lequel les deux genres masculins et féminins sont pris) et où tout homme participe (activement ou passivement, par des privilèges) à cette domination. Il peut donc difficilement se mettre à la place de la dominée (l’empathie ne suffit pas). Et il a difficile à 1/ travailler sur lui-même 2/ s’impliquer dans un combat autre que celui des femmes.
    Je ferai un parallèle : un patron esclavagiste du sud USA qui aurait voulu sortir du système et se déclarer solidaire des esclaves révoltés (les siens et ceux des voisins). que faire ? Il peut être « porteur de valises » qui aide clandestinement le mouvement, il peut donner un peu de confiance à ses esclaves révoltés… mais seul un travail de déconstruction lui permettrait de prendre conscience de sa propre culture et travailler à en sortir et de chercher d’autres patrons alliés.
    Mon constat est que l’homme pris dans ce travail de déconstruction est encore plus silencieux et inerte que l’homme commun. Il pérore sur un forum, parfois un blog, mais ne parle pas de lui perso, intimement, ne se met pas en cause. Et entre ces hommes, il n’y a pas de mouvement qui tienne. (Et la mort de Thiers Vidal m’interpelle, comme mon patron esclavagiste qui ne peut que gagner le nord USA, non esclavagiste).
    En fait ma réaction vient de la question de !’égalité des sexes comme finalité. Juridiquement, cette égalité progresse. TRès lentement dans certains secteur (égalité salariale …!), rapidement ailleurs (droit de donner le nom de famille maternel…). Pratiquement, on mesure d’ailleurs les progrès masculins en ‘minutes’ de travail ménager ou paternant, qui progressent lentement, tout en restant dérisoires. Et pas ou peu en mises en cause radicale, d’inversion des rôles et de circulation des tâches et des décisions (conception du menu, congé parental…).
    Paradoxalement, les hommes (d’abord les proféministes, les pionniers) auraient avantage à se projeter dans ce comportement nouveau, non dominateur ou partageur de pouvoir, car c’est anticiper son adaptation à l’égalité qui monte. Et à le construire ensemble.
    Au lieu de cela, les hommes ont des réactions défensives (et cela vous énerve, avec raison) et rien ne les incite à agir autrement. Au mieux, on favorise leur solidarité condescendante.

    • Monsieur Le Chat

      On est typiquement dans le féminisme que je dénonce, pour qui les hommes sont des animaux incapables de quoi que ce soi et ou les femmes sont de saintes martyrs victimes de tout et coupables d’aucunes choses. Cela dois cesser ce féminisme colporte autant de stéréotype que le machisme si ce n’est plus.

      Il faut déconstruire la virilité ? elle seule ? pourquoi ne pas aussi déconstruire la féminité dans le même temps ? Ce serai bien aussi. Je suis désoler de voir quelqu’un écrire de telles choses. La comparaison avec l’esclavagisme est puante, quelle est la prochaine étapes dans votre féminisme ? comparer les hommes aux nazis et les femmes aux déportés des camps ?

      L’homme anti-séxiste est silencieux par la faute de ce genre de féminisme qui ne lui laisse aucune place que ce soit d’action ou de paroles car par définition incapable de rien pour vous. Pourquoi faire quoi que ce soit ou en avoir envie quand on s’entends dire que de toutes façon que même avec toutes les bonnes volontés du monde on reste un « dominant ». Ne voyez vous pas le paradoxe de vos propos ?

      Ah et si les hommes ont des réaction défensives c’est bien la fautes à la forme que prennent les discours féministes qui sont eux toujours dans l’attaque. Comment voulez vous ne pas suscité ce genre de réactions quand vous même êtes dans une optique de combat ? car c’est bien le terme que je lis bien trop souvent, le féminisme est un combat et qui dit combat dit une attaque et une défense. Si vous ne voulez pas suscité de telles réactions chez les hommes il est peu être temps de changer la forme de votre discours et abandonner l’attaque et la différenciation des sexes quand je vous lis je n’ai pas l’impression de lire une personne anti-séxiste mais une personne bel et bien sexiste car vous créer de facto une séparation homme/femme femme/homme et ne donnez pas du tout l’impression que vous pensez qu’ils sont égaux bien au contraire.

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